SCRIPTORIUM » DE SAINT-BÉNIGNE
labeur (pressus rigidoque labore) par l’ordre de l’abbé Bertfroi, qui fut abbé de Molesme sous Louis le Pieux b Vraisemblablement, il fut exécuté au scriptorium de ce monastère et a passé plus tard à Saint-Bénigne de Dijon.
Les monastères dijonnais, prospères aux VIII et IXe siècle, ont entretenu sans doute alors un scriptorium, mais nous ne sommes pas renseignés sur l’activité dont il a pu faire preuve. Peut-être le traité de géographie, dédié, semble-t-il, à Charles le Chauve au temps des invasions normandes, que conserve un manuscrit du XIIe siècle en provenance de Saint- Bénigne, a-t-il été composé et dicté à Dijon 2. L'établissement avait perdu au Xe siècle ses livres et les moyens d’en produire, car l’abbé de Saint-Bénigne, Guillaume (990-1030) aurait reconstitué la bibliothèque du monastère en y amenant des moines italiens et grecs lettrés et en y établissant des scribes et enlumineurs 3. C’est vraisemblablement à Saint- Bénigne que sur son ordre, Aldébaldus, au prix d’une grande fatigue, exécuta la Bible qu’il lui a dédiée 4. Un moine anonyme de Saint-Bénigne y composait une chronique du monastère, peu après la mort en 1052 de l’abbé Halinard 5. Ce prélat, rapporte-t-il, a ordonné d’écrire un grand nombre de livres (plures conscribi jussit) ; et instruit dans tous les arts, il étudiait surtout la géométrie et la physique 6. Il avait sans doute fait une part aux livres concernant les « artes » dans les tâches distribuées aux scribes du monastère.
L’église d’Autun paraît avoir possédé de bonne heure un scriptorium. Le Sacramentaire dit d’Autun a été écrit en onciale, probablement à Autun après 680 7. Parmi les manuscrits du VIIIe et du IXe siècle que sa bibliothèque possédait, il en est qui certainement proviennent du de-