‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 197 sur 1207 · B. N. lat. 7.193 ; cf. Delisle, Cab. des mss., II · texte numérisé non relu

B. N. lat. 7.193 ; cf. Delisle, Cab. des mss., II

10. B. Orléans, mss. 155, 168, 191, 196, 249, cf. Cuissard, Études du grec à Orléans.

OUVRAGES COMPOSÉS A FLEURY AU IXe SIÈCLE

portent des annotations de copiste qui ont pu être apposées dans cet atelier 1.

Du scriptorium de Fleury sont sorties aussi beaucoup d’œuvres originales composées ou écrites et copiées dans cet atelier. C’est le cas des œuvres d’Adrevald. Son trait éDe corpore et sanguine Christi, la vie qu’il a composée de saint Ayoul ont été conservés dans des manuscrits de Saint-Benoît, 2 qui, s'ils ne sont pas les manuscrits originaux, ont du moins été copiés d’après eux dans le même scriptorium. L’histoire de la Translation de saint Benoît et le premier livre des Miracles du saint composés par Adrevald, ont été évidemment exécutés au scriptorium de Fleury 3. Un recueil de poèmes sur les Arts libéraux, dont le manuscrit provient sans doute de Fleury, est peut-être un témoin de l’activité littéraire de la scola et du scriptorium de Fleury au IXe siècle 4.

Là aussi, Abbon a dicté ou écrit lui-même ses lettres et fait mettre au net ou copier la plupart des nombreux ouvrages composés par lui 5. Au témoignage d’Aimoin, Abbon tenait qu’après la prière et le jeune, l’étude des lettres (iitterarum studia) et particulièrement la composition d’ouvrages (maximeque dictandiexercitiajmettent surtout enéchec lespas-

1. Telle l’inscription du ras. 334 : « Inter justorum sit scriptor nomina scriptus ». Calai., p. 180. Le ms. de Boëce, 267, du Xe ou XIe siècle, renferme des attestations du correcteur : « relegi » — ou « relegi meum » f08 64, 73, 88 (cf. Catal., p. 131), mais elles ont été reproduites par le copiste d’après le ms. qu’il avait sous les yeux.

2. D'Aehery (Spicil. I., p. 150) édite, dit-il, le De corpore d’après un ms. de l’abbaye de Fleury ; Mabillon (A. S. II, 627) a transcrit la Vita Aigulfi d’après un ms. du même monastère, dont nous ignorons la date d’exécution.

3. Aucun des mss. conservés de son œuvre (cf. Hôlder Egger, SS, XV, 476-7) ne provient de Fleury ; mais évidemment ils dépendent de l’original écrit en ce monastère.

4. B. Berne, ms. 258, IXe siècle, publié au t. IV des Poetae latini. Cette sylloga d’après l’éditeur (p. 243) aurait été composée soit à Fleury, soit à Auxerre.

5. Le ms. du XIe s. d’après lequel P. Pithou a publié les lettres et V Apologeticum d’ Abbon (Brit. M. Addit. 10972) provient sans doute de Fleury. Le ms. des Canons du même âge (B. N. lat. 2400) provient de S. Martial de Limoges. Son abrégé du Liber Pontificalis est conservé dans deux ms. du XIe, provenant l’un de Fleury (Leyde Voss. F 96), l’autre de S. Mesmin (B. Berne, ms. 120). Le ms. des Quaestiones grammaticae (B. Vatican. Regin. 596) est du XIe siècle et provient de Fleury. Cf. Van de Vyver, Les œuvres inédites d' Abbon, R. Bénéd., 1935, p. 125, n. 5 et p. 126-130. Aucun de ces mss. ne peut-être ms. autographe d’Abbon ; mais tous, conservés ou non à Fleury, sont des copies de l’original exécuté dans le scriptorium du monastère.

M. Van de Vyver attribue en outre à Abbon un traité sur les syllogismes catégoriques qui se trouve dans le ms. de la seconde moitié du Xe provenant de Fleury (B.

N. nouv. acq. 1611), qui a pu être exécuté sous ses yeux. Il en est peut-être de même de son Commentaire du Calculus de Victorius, qui vient en tête du ms. de Berlin 138 et des petits traités d’astronomie réunis sous son nom dans le ms. du Trinity College de Cambridge 945, de la fin du Xe s., qui ne provient pas de Fleuryet dontles deux premiers se retrouvent dans le ms. de Londres, Harl. 2506, de la même époque et qui provient cle Fleury (Van de Vyver, op. cil.).

OUVRAGES COMPOSÉS A FLEURY AUX Xe ET XIe SIÈCLES 135

sions de la chair. Aussi ne perdait-il pas un seul instant libre pour la lecture, lecriture et la « dictatio » b Quand, à la Réole, il sortit du cloître pour apaiser une sédition, au cours de laquelle il trouva la mort, il travaillait à un nouvel ouvrage sur le comput et il tenait encore en mains ses tablettes 2. Il écrivait par conséquent sur des tablettes de cire et les scribes du monastère mettaient ensuite au net sa composition sur le parchemin. Parmi les manuscrits qui nous ont conservé son traité de comput, plusieurs viennent de Fleury et y ont peut-être été exécutés sous ses yeux 3. Le manuscrit de ses lettres sur l’ère dionysienne qui subsiste a été probablement écrit à Fleury sur l’ordre d’Abbon 4.

C’est sous son successeur Gauzlin (1004-1029), qu’Aimoin écrit au scriptovium de Fleury les Gesta Francorum, deux livres des Miracles de saint Benoît, les Gesta des trente premiers abbés de Fleury jusqu’à Abbon et la Vie et Passio d’Abbon 5. Dom Marténe a trouvé dans la bibliothèque du monastère un manuscrit renfermant F « Exposition» sur l’Apocalypse d’Aimom moine de Fleury, écrite du temps de l’auteur et peut-être au sentiment du savant bénédictin de sa main 6. Le biographe de Gauzlin présente le tableau de l’activité littéraire déployée à cette époque au monastère de Fleury ; il célèbre l’œuvre d’Aimoin, celle d’Arnoul, d’Odon, de Giraldus, de Vitalis, d’Isenbardus, auteur du Puerorum spéculum ; il fait l’éloge du bibliothécaire Hisimbertus, du musicien Constantinus, « illius loci nutritius » et du préchantre Helgaud 7. Le moine de Fleury, André qui a écrit la vie de Gauzlin a aussi composé au scriptorium du monastère le quatrième et cinquième livre des Miracles 8. C’est là encore qu’à cette époque, Helgaud écrit la vie du roi Robert. Vraisemblablement le manuscrit qui subsiste de l’œuvre d'Helgaud 9.en est soit le manuscrit autographe, soit plutôt une révision faite par

r. Abbonis vita , 7 : « quarum ipse perstudiosus existens nullutu pene intermittebat tempus quin legeret, scriberet dictaretve » (Migne CXXX1X, .193).

Page 1