‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 198 sur 1207 · LES ARTS A FLEURY · texte numérisé non relu

LES ARTS A FLEURY

l’auteur lui-même du texte primitif. Ce mauuscrit est à deux colonnes, exécuté en grosse éciiture sans doute par l’un des scribes de l’atelier, sous la dictée d’Helgaud ou d’après les tablettes écrites de sa main. Outre de nombreuses ratures et surcharges, le manuscrit présente des passages entiers ajoutés dans les marges ou sur des feuillets intercalés, en une fine écriture qui est sans doute celle d’Helgaud1.

Aux Xe et XIe siècles, le scriptorium de Fleury a produit des manuscrits décorés. Un exemplaire de l’Éloge de la Croix de Raban Maur exécuté au Xe siècle, porte entre autres l’image du Crucifix, des images d’anges, des quatre Évangélistes et au pied de la Croix un moine à genoux qui est peut-être l’auteur du poème, Raban, ou l’artiste qui a exécuté le manuscrit. Une autre portion du livre renfermant des homélies et qui date du XIe siècle présente de grandes initiales peintes 2. Sur un exemplaire des Homélies de saint Grégoire sur Ezéchiel est représenté le Christ de Majesté, avec à gauche saint Benoît, à droite saint Grégoire, aux pieds duquel un moine, probablement le scribe, est à genoux. La dédicace est faite en vers écrits en lettres onciales vertes et rouges 3.

Bien qu’Abbon se soit fait instruire en l’art de la musique par un chanoine d’Orléans, il semble que cet art ait été particulièrement cultivé à Fleury et que le scriptorium se soit employé souvent à noter la musique sacrée, Le manuscrit de saint Cyprien du VIIe ou VIIIe siècle provenant de Fleury porte quelques neumes à deux de ses feuillets 4. L’Octateuque - de Saint-Martin de Tours renferme des neumes de Fleury ajoutées au Xe ou XIe siècle. Ou bien l’ouvrage a été prêté à Fleury où un moine du scriptorium les ajouta, ou bien un moine de Saint-Benoît, de passage à Saint-Martin, les apposa dans l’atelier de ce monastèie 5. Plusieurs manuscrits du XIe siècle, apparentés à l’école calligraphique de Tours portent aussi des neumes qui semblent provenir de Fleury, plutôt que de Saint-Martin 6. Sous Gauzlin, l’histoire de l'arrivée du corps de saint Benoît, mise en musique (quam... musice artis dictaverat pneumatibus) par Constantin, abbé de Micy,

1. Cf. Auvray, Une source de la Vita Roberli, Mil. d’archéol ., VII, 458.

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