‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 200 sur 1207 · Mirac. s. Max., Préf. Mabillon, A. S., I · texte numérisé non relu

Mirac. s. Max., Préf. Mabillon, A. S., I

7. B. N. lat. 1862, f° 82 v° : « Hic est liber sancti Maximini monasterii quem. Petrus abba scribere jussit et die sancto cænae Domini cum salutari hostia super sanctum altare sancti Stephani Deo et sancto Maximino habendum obtulit » (Delisle, Cab. des mss., II, 408 et III, 258).

« SCRIPTORIUM » DE SAINT-MESMIN AU IXe SIÈCLE

livre a été revu et ponctué par Pierre L Un exemplaire des lettres de saint Jérôme provenant de Saint-Mesmin se termine par le même anathème1 2. Le dernier folio où il est inscrit a été emprunté par le scribe à un autre manuscrit où est signalée la date de comput de 887 3, laquelle peut être une anticipation sur l’avenir, car l’exemplaire des lettres de saint Jérôme, nécessairement exécuté aprèscelui-là, appartient sans doute au temps du même abbé. Nous savons aussi que le moine Hélie a transcrit la chronique de saint Jérôme, à Ja demande de l’abbé Pierre 4. Celui-ci a relu un autre livre de Saint-Mesmin 5, c’est-à-dire en a corrigé lui-même le texte. Les corrections de ce manuscrit, exécutées en minuscule plus petites que celle du texte et avec une encre plus noire, sont par conséquent certainement de la main de cet abbé. Or les nombreuses corrections apportées, en surcharge ou en interligne, au texte . du traité d’Alcuin que Pierre a ordonné d’écrire et au manuscrit des lettres de saint Jérôme, paraissent bien être de la même main 6. Par là sont confirmés les renseignements que Létaldus donne sur l’offrande faite par l’abbé Pierre de livres corrigés de sa propre main. Sur un autre manuscrit du IXe siècle, on trouve la souscription du prêtre Warmundus 7. Les scribes de Saint-Mesmin, suivant une pratique usitée aussi à Saint- Benoît, avaient coutume alors de tracer, comme encadrement commun à deux pages du livre ouvert 8, une série de lettres dont la réunion forme l’inscription « Hic est liber sancti Maximini Miciacensis monasterii ». Bien qu’ils aient pu orner de cet « ex libris » des manuscrits venus d’ailleurs, il est probable que ceux-là et la plupart des livres de l’époque carolingienne, que possédait le monastère et dont un certain nombre

1. B. Vat. Regin., 95 « seribere jussit et proprio labore prcnidit atque distinxit » (Delisle, III, 384).

2. B. N.lat. 1866, Delisle, II, 409. La B. d’Avranches conserve aussi un ms. d’Origène du IXe et Xe s. (ms. 32) qui renferme l’ex libris de S. Mesmin de Micy (dont le nom a été gratté) avec anathème à l’adresse du ravisseur.

3. Pour terminer le manuscrit, il a manqué une page qui a été fourme par le verso resté blanc d’un folio déjà écrit, sur lequel on trouve le fragment de comput et un hymne.

4. B. Univ. Leyde, Voss Q 110, cf. Lindsav, Notae la!., p. 460.

5. B. N. lat. 1820 « Liber s. M. relectus a Petro abbate » ; Delisle, p. 409.

6. On rencontre aussi en marge la mention d’autres leçons annoncée par le sigle al., ainsi que des additions au texte. Toutefois les corrections et additions dans les mss. 1862 et 1866 ne sont sans doute qu’en partie de la même main.

7. B. Univ. Leyde, Voss Q 87, f° 8r ; cf. Châtelain, Un ms. de Solin, R. Phil.,

8. A savoir, le verso d’un feuillet et le recto du suivant. Cf. Delisle, p. 408. Dans le ms. lat. 1862, cet encadrement relie la dernière page d’un cahier signalée par le QR

suivi d’un numéro d’ordre, avec la ire page du cahier suivant.

« SCRIPTORIUM » DE SAINT-MESMIN AUX Xe ET XIe SIÈCLES

subsistent1, ont été exécutés à Saint- Mesmin. Le moine Létaldus qui a composé au Xe siècle les Miracles de saint Mesmin, a nécessairement travaillé ou fait travailler au même scriptorium 2.

Au XIe siècle, cet atelier jouissait encore d’une réputation qui lui attirait des commandes du dehors. Sigo, chanoine de Chartres au temps de Fulbert, faisant exécuter une copie des lettres de cet évêque, l’a fait calligraphier par les mains d’un moine de Micy, André 3. A cette même époque, 1 ’armarius Hato a fait écrire pour Dieu et saint Mesmin un traité de saint Hilaire 4. Un « De civitate Dei » en deux volumes du XIe siècle a été également exécuté par le bibliothecarius Hato 5.

1. B. N. lat. 1.790, 1820, 1862, 1866, 15.679. Le ms. latin 5.366 est la copie d’un manuscrit exécuté à S. Mesmin du temps de Charles le Chauve et dont la préface est publiée dans les H. F. VII, 310 ; cf. Delisle, p. 409.

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