‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 241 sur 1207 · INFLUENCE EXERCÉE PAR L’ÉCOLE TOURANGELLE · texte numérisé non relu

INFLUENCE EXERCÉE PAR L’ÉCOLE TOURANGELLE

Cette influence apparaît notamment dans des manuscrits de la seconde partie du IXe siècle, dont l’ornementation est de style franco-saxon tandis que la calligraphie est de la manière de l’école de Tours 1. Même à une époque où celle-ci est entrée en décadence, des manuscrits ont pu être, loin de Tours, exécutés suivant les modèles fournis par son scriptorium 2.

§ 7. — La calligraphie tourangelle

Au seul point de vue paléographique, il existe une école tourangelle. Un certain nombre de traits communs se retrouvent dans tous les manuscrits sortis au IXe siècle des ateliers de Touraine.

L’emploi d’écritures différentes et de taille diverse, capitale, capitale rustique, onciale, semi-onciale, minuscule, distingue dans les manuscrits de l’école de Tours, notamment dans les Bibles 3, les diverses portions du texte, en met en relief les divisions, en souligne les éléments principaux. L’ordonnance, l’articulation du texte, grâce à la variété des écritures, en dehors même ou à défaut des motifs ornementaux, suffit à donner à ces manuscrits l’aspect d’une œuvre d’art.

Tandis que les titres sont exécutés en capitale et onciale, le texte courant en minuscule, les préfaces des Bibles et Évangiles et les premières lignes des chapitres des textes de tous ordres sont écrits en semi- onciale 4, trait propre aux œuvres tourangelles et qui permet de les distinguer du premier coup d’œil.

La régularité et la beauté des lettres en capitale, onciale et semi-onciale, le mode de distribution qui en est fait, la place si large prise par la semi-onciale, ont varié avec le temps et contribuent à déterminer l’époque où ont été exécutés les manuscrits. Mais ce sont surtout les progrès accomplis par la minuscule ou la régression que subit cette écriture courante qui permettent de les grouper, de les dater et de distinguer

1. C’est suivant M. Rand (n03 145-9), le ras des Évangiles de l’Arsenal 1171, de la Bible de Saint Paul, de celle de la Vallieellane (B. 6) exécutée peut -être à Fleury, du Martyrologe de Bède et du Sacramentaire (Vatican Ott. lat. 313) exécutés probablement dans le Nord, peut-être à S. Denis (p. 173) et des Évangiles de Tours (ms. 23),

2. M. Rand signale les mss. de Cambrai 386 (Apocalypse), de Tours 256 (saint Cyprien) de la fin du IXe siècle (n03 177-8), le Cassien du Xe siècle de la B. N. (lat. 9i49), etc.

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