CURSIVE AMÉLIORÉE, CURSIVE EMBELLIE
plusieurs stades dans l’évolution qu’a subie la calligraphie tourangelle.
Dans les temps qui précédent l’arrivée d’Alcuin, l’écriture courante à Tours est encore une cursive, mais améliorée déjà 1 et qui peut être considérée comme une minuscule précaroline. Celle-ci apparaît au moins dans l’une des mains qui ont exécuté, sans doute entre 725 et 750, le manuscrit d’Eugippius 2. C’est cette écriture qu’on rencontre notamment dans l’Octateuque et dans le Tite Live 3 exécutés sans doute à Tours dans la période préalcuinienne ou exactement à l'instant où Alcuin prenait possession de son abbaye.
Inférieure jusqu’alors à celle de Corbie et de Fleury 4, la calligraphie de Saint-Martin, à partir d'Alcuin va faire de rapides progrès et prendre bientôt la première place. A la cursive améliorée succède en son temps une minuscule plus régulière, quoique conservant encore des traits cursifs, qu’on a désignée sous le nom d’écriture mérovingienne embellie 5, tandis que la semi-onciale prend, elle aussi, plus de régularité et d’élégance 6. Plusieurs manuscrits, entre autres les Évangiles d’Adalbaldus, présentent un style de transition entre la cursive améliorée antérieure à Alcuin et la cursive embellie alcuinienne 7. Une demi-douzaine de manuscrits accusent le type pur de l’écriture embellie 8.
1. M. Rand, A survey of mss of Tours, p. 36, l’appelle « improved cursive ».
2. L’une des 12 mains, dite J, est modelée sur la semi onciale. Cf. Rand et jones, The earliest book of Tours, p. 78. M. Rand, p. 79, ne craint pas d’attribuer le commencement de la Caroline au scriptorium qui a produit l’Eugippius.
3. Rand, A survey, 16 et 17, p. 96-8. Sur les ms. appartenant à ce type d’écriture, voir plus haut, p. 143-4. M. Rand estime (A supplément on Dodaldus, dans Spéculum, 1931, p. 594) que l'invention de cette forme d’écriture précède à Tours l’arrivée d’Alcuin.