‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 244 sur 1207 · MINUSCULE RÉGULIÈRE, MINUSCULE PARFAITE · texte numérisé non relu

MINUSCULE RÉGULIÈRE, MINUSCULE PARFAITE

Un progrès nouveau fait apparaître dans les scriftloria tourangeaux le style régulier, en qui on reconnaît nettement le type de la minuscule Caroline. Elle prévaut à Saint-Martin, peut-être dès les dernières années d’Alcuin et dans les toutes premières années de l’abbatiat de Frédégise. Un certain nombre de scribes restent encore fidèles à la cursive embellie et on la retrouve, en compagnie même quelquefois d’une forme plus ancienne, à côté de l’écriture régulière, dans un certain nombre de manuscrits exécutés par plusieurs mains 1. La minuscule régulière perd presque toutes attaches avec la cursive ; elle est partout égale, claire et élégante. Dans le même temps, la semi-onciale est presque toujours systématiquement employée au début des diverses sections ; la capitale carrée apparaît au commencement du livre et à chaque importante division ; la capitale rustique en place .plus modeste, notamment dans 1’ « explicita2. Les Bibles de Bamberg 3 et de Zurich 4, le Virgile de Bernon 5 et une vingtaine d’autres manuscrits représentent le style régulier, tel qu’il prévaut alors dans les ateliers tourangeaux 6.

Dans les dernières années de l’abbatiat de Frédégise, le style calligraphique de Saint-Martin atteint la perfection. Elle se manifeste notamment dans l’oeuvre d’Adalbaldus le jeune ou la deuxième manière du vieil « artifex », les manuscrits exécutés par Dodaldus 7, la Bible de Moutiers Grandval 8 et les Évangiles de saint Gozlin 9. Au total trente-cinq manus-

i. Dans les Évangiles Pierpont Morgan (ms. 191), la ire partie est en cursive embellie, la 2e en minuscule régulière (Rand, 35, p. no, PI. 48-9). Dans les Évangiles de Limoges (B. N. lat. 260) on trouve, des mains représentant successivement la cursive améliorée, la cursive embellie et la minuscule régulière (Rand, 36, p. ni, PI. 50-1). Le Commentaire de l’Épître aux Hébreux (Rome, Pal. 133) présente aussi ces trois écritures (37, p. 112), ainsique la Bible de Londres (Harley 2805, 48, p. 119, PL 60). Le Liber de Virtutibus et de Vitiis d’Alcuin (B. Troyes 1742) est de 2 mains, l’une de cursive embellie, l’autre d’écriture régulière avec de rares traits cursifs (38, p. 113). La Bible (B. N. lat 11514) est de 16 mains, dont la moitié pratiquent la min. régulière, les autres une cursive améliorée (57, p. 123). Il en est de même du « De doctrina christiana » (B. N. nouv. acq. lat. 1595, 58, p. 124).

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