‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 260 sur 1207 · LE STYLE TOURANGEAU SOUS ADALHARD · texte numérisé non relu

LE STYLE TOURANGEAU SOUS ADALHARD

manuscrits presque contemporains par l’écriture et par le style, les Évangiles dits d’Arnaud ou de Gozlin >, les Évangiles de Meaux 1 2, les Évangiles de Wolfenbiittel en provenance d’Erstein en Alsace 3, et la Bible de Moutiers Grandval 4.

La Bible de Bamberg5, quoique appartenant au même temps, est un peu plus récente et l’ornementation qu’elle a reçue, se distingue par quelques traits de celle des précédents ouvrages 6. En outre, le texte qu’elle renferme n’a pas été touchée par la révision nouvelle dont témoignent les Bibles de Rorigon et les Évangiles d’Arnaud 7. A la Bible de Bamberg sont apparentés plusieurs autres manuscrits, à savoir les Évangiles de Bâle 8 et ceux de Leningrad 9, ainsi que deux exemplaires de la vie de saint Martin 10. Les ressemblances et les différences s’expliquent si le groupe, formé autour de la Bible de Bamberg, à peu près contemporain de celui qui trouve son type achevé dans la Bible de Grandval, est sorti, non pas du scrifttorium de Saint-Martin, mais d’un atelier voisin et en relations étroites avec celui-là.

Le scriptorium de Marmoutier paraît à cet égard désigné L’union des deux monastères dédiés à saint Martin s’est sans sans doute fortifiée encore au temps où un même abbé, Adalhard, les gouverne tous deux et on s’explique que la technique en usage à Saint-Martin ait été employée dans le scriptorium de Marmoutier. Vraisemblablement, on est resté dans celui-ci plus fidèle à la tradition du texte révisé par Alcuin.

1. Trésor cath. Nancy, Kôhler, Cat. n°. 28. Le scribe a écrit après l’explicit de saint Marc en caractères grecs « Arnaldo jobente ». L’Arnaud qui aurait commandé le livre, serait, suivant l’hypothèse de S. Berger (H. Vulg. 249), un grand du palais de Louis le Pieux, dont le petit neveu du même nom a été évêque de Toul et mourut en 894 (cf. Digot, Notice sur V Evang. de s. Gozlin, dans Bull, monum, 1846, pp. 517-21). Le ms. serait ainsi entré en possession de l’évêque de Toul, Gozlin, qui, mort en 962, l’aurait légué au monastère de Bouxières (Kôhler, p. 181).

2. B. N. lat. 274, Cat. 29. Un ar/e du XIIe siècle copié sur le ms. donne à penser qu’à cette époque celui-ci appartenait à l’église de Meaux.

3. B. Wolfenbüttel 2186 (16 Aug. fol.). Cat. 30. Sur la dernière page est copié un état du trésor du monastère d’Erstein.

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