‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 28 sur 1207 · MANUSCRITS ENLUMINÉS · texte numérisé non relu

MANUSCRITS ENLUMINÉS

Trond, Sainte-Croix de Poitiers, Saint-Amand, Saint-Quentin, Echternach, Saint-Maur x, et sans doute beaucoup d’autres possédaient des vies illustrées de leur saint patron. Du scriptorium, de Saint-Martin de Tours sont sortis, à l’usage non seulement des monastères tourangeaux, mais de maintes églises même lointaines, des vies de saint Martin magnifiquement ornées 2. Des ouvrages de théologie 3, des recueils de canons ou de textes législatifs 4 sont aussi parfois enluminés. Plusieurs églises possédaient des manuscrits à miniatures des Antiquités judaïques 5, des poèmes de Pru-

psalterium aureum (Stiftsb. 22 ; Boinet, PI. CXLIV-VI), psautiers de Fouchard (ms. 23 ; Boinet, PI. CXLI-III) et de Wolcoz (ms. 20) ; psautier de Corbie (B. Amiens 18, Boinet, PI. CXLVIII-IX).

1. Le trésor de Saint-Trond gardait en 870 une vie du saint décorée d'images (Gesta abb. Trudon., I, 3, SS, X, 230). Sainte-Croix possédait une vie de sainte Radegonde avec peintures X-XIe siècle, B. Poitiers, ms. 250 ; cf. Ginot, Le ms. de sainte Radegonde, p. 30 et suiv. qui donne des renseignements sur les vies de saints illustrées. Au XIIe siècle, deux vies de saint Amand illustrées ont été exécutées à S.- Amand (B. Valenciennes, 606-7, miniatures publiées par B. Krusch, SS. rerutn merov., V, PI. 2-22). Le trésor de la collégiale de S. Quentin garde un ms. illustré de la vie et miracles du saint (cf. Cat. de la B. S. Quentin , prêt. ; Cat. B. Dépts, in 8°, III, 225). Une vie illustrée de saint Willibrord (B. ducale Gotha, I, 70) est sortie du monastère d’Ëchternach. S. Bertin possédait une vie de son patron illustrée (X- XIe s., B. Boulogne, ms. 106). Il subsiste aussi un ms. décoré de la vie de saint Orner (B. S. Orner, ms. 698). Une vie de saint Maur a été enluminée au XIIe siècle dans l’atelier de S. Maur des Fossés (B. Troyes, ms. 2273 ; cf. Morel Payen, Les plus beaux mss. de la B. de Troyes, PL III et p. 52-8).

2. Sur les vies de saint Martin exécutées à Tours, voir plus loin, p. 16 1.

3. Du scriptorium de Tours sont sortis le manuscrit enluminé de saint Jérôme sur les Psaumes (B. Chartres, ms. 3, cf. Kôhler, Die Schule von Tours, II, 340) ; celui de saint Jérôme sur Isaïe que possédait Saint- Maximin de Trêves (B. Univ. Gand, ms. ro2, Kôhler, cat. 11) ; le livre des vertus et des vices d’Alcuin (B. Troyes, ms. 1742, Kôhler, cat. 6) ; le commentaire de saint Jean par Alcuin (B. cath. Cologne, ms. ro7, Kôhler, 25) ; le ms. d’Amalaire qu’a possédé S. Vincent de Laon (B. Laon, ms. 220, Kôhler, 23). Un commentaire de saint Ambroise sur l’Épître aux Romains présente des décorations propres au style de l’école franco-saxonne (B. Laon, ms. 107 ; cf. Delisle, L'Évang. de S. Vaast, n° 19, p. 16 et Fleury, Les mss. à min. de la B. de Laon, p. 33 et PI. 3 ter). A S -Bertin a été exécuté un ms. illustré de Smaragdus (B. Boulogne, ms. 25). Un exemplaire des Dialogues de saint Grégoire et des vies des Pères exécuté au XIe siècle ayant appartenu à Cluny est richement enluminé (B. N., nouv. acq. lat. 1491 ; cf. Delisle, Invent, des mss. du fonds de Cluny, n° rt4). Un exemplaire des Homélies de Bède du même temps, provenant aussi de Cluny (nouv. acq. 1450, n° 33) a c’e grandes initiales peintes avec personnages. L’École naissante de Citeaux à la fin du XIe et dans les premières années du XIIe siècle étend l’ornementation à toute une série d’ouvrages des Pères (B. Dijon, 129, 141, 147, i68-r7o) ; mais saint Bernard y coupe court en 1125 et les Statuts de 1134 décrètent « littere unius coloris fiant », cf. Oursel, Les mss. à miniat. de la B. de Dijon, 1923, p. 10-20.

4. Un recueil de canons, donné par Didon à la cathédrale de Laon présente des décorations propres à l’école franco saxonne (B. Laon, ms. 199, cf. Delisle, L'Évangél. de S. Vaast, 18, p. 15 et E. Fleury, PL 8). De S. Rcmi de Reims provient un manuscrit du IXe siècle renfermant la « lex romana Wisigothorum » et les formules de Marculfe, ainsi qu’un traité de saint Isidore avec un dessin représentant Théodose sur son trône (Leyde, B. Univ. Ms P L 114, cf. Byvanck., p. 67).

5. Les Antiquités judaïques de Josèphe jouissaient d’une grande vogue et se

Page 1