ENLUMINURE ET CALLIGRAPHIE
dence h Il est sorti aussi exceptionnellement des scriptoria des monastères, en particulier de celui de Saint-Martin de Tours, des manuscrits illustrés de traités d’astronomie 2, d arithmétique 3, de grammaire T voire même de cuisine 5, et des poètes anciens, Ésope, Térence, Virgile 6.
Les manuscrits enluminés, souvent écrits en lettres d’or, revêtus d’une riche reliure constituent aux yeux de- contemporains des œuvres d’art de grand prix. On estimait qu’elles honoraient et enrichissaient l’église qui les possédait autant que les plus magnifiques pièces d’orfèvrerie. Dans l’épître dédicatoire des Évangiles de Lothaire 7, il est dit que cet empereur a ordonné aux moines de Saint-Martin de Tours de l’écrire et de l’orner d’or et de peintures pour être l’honneur de cette église (decus ecclesiae). Mais si richement et artistement exécutée qu’elle soit, la décoration du manuscrit reste, aux yeux du rédacteur de cette dédicace, un complément, non pas l’œuvre principale, laquelle a consisté à écrire. La calligraphie à elle seule confère au cahier de parchemin une inestimable valeur.
trouvent dans un grand nombre de bibliothèques ecclésiastiques. Plusieurs en ‘possédaient des exemplaires avec miniatures, celle de S. Père de Chartres, Xe siècle (B. Chartres ms 29), celle de S. Trond, début XIIe siècle (cf. J. Meurgev, Les princip. mss. à peintures du Musée Condé à Chantilly, Paris, 1930, p. 9-1 1).
1. Les poèmes de Prudence sont assez souvent illustrés d’après l’illustration primitive des manuscrits antiques ; cf. Steitiner, Die illustricrten Prudentius Handschriften. Il en est ainsi de trois manuscrits de Prudence provenant tous, semble-t-il, de Saint-Amand et copiés l’un sur l’autre (B. Bruxelles, 9.987-91 ; B. Valenciennes, 563 ; B. Univ. de Levde. Ms. Burm Q. 3 ; cf A W. Byvanck, Les princip. mss. à peint, des Pays-Bas, p. 61-4) et du ms. provenant de S. Martial de Limoges (Voss, oct. 15 ; Byvanck, p. 69). Parmi les livres de S. Cyr de Nevers figuraient deux exemplaires de la « Sicomachia » de Prudence, « unus pictus et alter planus » (Catal. des livres de la cath. de Nevers ajouté au Xe ou XIe siècle à la Bible d’Hériman, Brit. Mus. Harl. 2790, f° 2Ô3r ; Boutiilier, Bull. Soc. Nivern., 1890, p. 2 28).
2. Saint-Martial possédait un ms. illustré de l’Astronomie d’Hygin (B. Univ. Leyde, Voss lat., oct. 15), cf. Byvanck, p. 69-72. Un traité d’astronomie illustré (B. Boulogne, ms. 188) appartenait à S. Bertin.
3. Arithmétique de Boëce, B. roy. Bamberg HJ IV, 12 ; Boinet, PL LVII ; Kôhler, Cat. 39.
4. Nonius Marcellus (B. Univ. Leyde, Voss, fol. 73, cf. Kôhler, cat. 8); la grammaire d’Alcuin que possédait S. Gall (Stiftsb., ms. 268 ; Kôhler, cat. 2).