CHAPITRE XIII
Les « scriptoria » parisiens
L'église mère de Paris a eu dès l’époque carolingienne un scriptorium, où les livres liturgiques à son usage ont été soit exécutés, soit adaptés1, où ont été écrits les règlements, lettres, chartes qui l’intéressaient 2 ; mais nous ne savons pas si ses scribes ont contribué à former la collection de livres de doctrine, droit, histoire, arts libéraux qu’elle possédait alors. Nous sommes assez bien renseignés au contraire sur l’activité des scriptoria monastiques voisins de la cité parisienne 3.
Plusieurs manuscrits du IXe siècle, ayant appartenu semblet-il à l’ancien fonds de la bibliothèque de Saint-Germain-des- Prés, renferment des notes du scribe qui les a exécutés et qui permettent de les dater. Un exemplaire de la Dionysio Hadriana a été écrit au cours de la 37e année de Charlemagne, c’est-à-dire de l’an 805, par un copiste qui demande au lecteur de prier pour lui 4. Une Bible en deux volumes a été exécutée en 822 5. Une autre Bible est la copie d’un manuscrit exécuté en 809, comme le montre une note chronologique signalant
x. Un recueil de bénédictions du Xe siècle était certainement à l’usage de l’église de Paris (B. N. lat. 2294, fos 69 à 102, cf. Leroquais, Sacram., 26, p. 70).
2. Réglement d’Inchade constituant en 829 la mense de ses chanoines, Cart. de Paris, 35, p. 49 ; Lettre du clergé de Paris notifiant au métropolitain l’élection d’Enée, 42, p. 58 ; Charte d’Enée 868, 48, p. 65.
3. Aux scriptoria de la région doivent être attribués sans doute les mss. de la Bible, de provenance indéterminée, mais dont S. Berger (H. Vulgate, 91-2) a montré la parenté avec ceux que la région a produits, à savoir le ms. de S. Victor, B. N. 14407 et le ms. du Brit. Muséum, Addit. 5463. Ce dernier en onciale a été exécuté par le moine Loup sur l’ordre du pieux père Atton. S. Berger établit que ce ms., qui au XIIe siècle a émigré à Bénévent, n’y avait certainement pas été exécuté.
4. B. N. lat. xi. 710 ; cf. Delisle, Cab. des mss., III, 243; Mabillon, De re diplom., tab. IX.
5. lat. 11504-5. L’année 8 du règne de Louis est insérée dans une lettre initiale, Delisle, p. 247.