SCRIPTORIUM » DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS
1 année 42 du règne de Charles, la neuvième de l'empire ; cette copie paraît avoir été faite vers 860 L
S’il n’est pas sûr que ces manuscrits aient été exécutés au scriptorium de Saint-Germain, on peut tenir pour certain que 1 exemplaire du Martyrologe d’Usuard, qui subsiste encore, manuscrit contemporain de l’auteur, moine de Saint-Germain, a été écrit au monastère 1 2. Il en est de même du Polyptyque d Irminon, dont une importante portion nous a été conservée, sinon dans le manuscrit original, du moins dans une copie du IXe siècle, avec différentes additions du Xe et du XIe siècles, copie qui est certainement l’œuvre des scribes du monastère 3. Les règlements faits par les abbés du IXe siècle au sujet de la mense des moines et les actes qui intéressent le monastère ont été souvent écrits à Saint-Germain 4. Le moine de Saint- Germain, Abbon a composé dans ce scriptorium le récit en vers du siège de Paris et peut-être, le manuscrit certainement contemporain exécuté au monastère est-il de la main même du moine poète 5. Disciple d’Aimoin, il le suppliait, sans peutêtre l’obtenir, de corriger son ouvrage, grains verts que seul son maître pourrait faire mûrir, et il le dédiait à son frère Gozlin, dont le suffrage pouvait être obtenu plus facilement que celui d’Aimoin 6. C’était donc bien au monastère et sous
1. B.N.lat. 11532-3. Le copiste du manuscrit de 809 a ajouté une note complémentaire à la note chronologique de l’empereur Charles, indiquant la durée des règnes de Louis et de Lothaire. On en peut conclure que la copie a été exécutée au temps de Lothaire II (Delisle, III, 261-2). Cette mention peut faire croire aussi que le manuscrit est originaire de Lotharingie et non du royaume de Charles. Toutefois un moine de Saint-Germain contemporain pouvait s’intéresser à Lothaire et trouver dans la date de sa mort une donnée chronologique, que ne lui fournissait pas le règne de Charles le Chauve encore vivant.
2. B. N. lat. 13.745 ; ci. Montfaucon, Bibl. Bibl., II, 1137.