Apicius (B. Vatican., Urb. lat. 1146 ; Kôhler, cat
6. Saint-Martial possédait, un manuscrit illustré des fables d’Avianus et de celles d’Esope avec l’Astronomie d’Hygin (plus haut, n. 2). D’Hautvilliers provient un ms. d’Aratus dont les descriptions astronomiques sont accompagnées de figures imitées de dessins antiques (B. Univ. Leyde, Ms Voss, lat. Q. 79, cf. Byvanck, p. 65). Un. ms. de la B. de Boulogne du Xe siècle a été copié sur celui-là. Parmi les beaux manuscrits à peintures figurent le Virgile exécuté par Bernon à Tours (B. Berne 165, Kôhler, Cat. 26) ; les Comédies de Térence, IXe siècle (B. N. lat. 7899 ; cf. Omont, Comédies de Térence, reproduction des mss. de la B. NJ.
.7. B. N. lat. 266, publiée par Delisle, Mémoires sur l’école calligr. de Tours, p. 17.
le prix de l’écriture
§ 4. — Le prix de l’écriture.
Ce n’est pas seulement une riche enveloppe ou l’ornementation intérieure du livre qui en fait le prix ; pour donner valeur aux feuilles de parchemin, il suffit des caractères qu’y trace le scribe, abstraction faite même de ce qu’ils signifient. L’art d’écrire, peu répandu encore au VIIIe siècle et même après la Renaissance Caroline, exige en effet une science, une adresse, une patience dont peu sont capables, même dans les églises et monastères.
A la vérité, les manuscrits de l’époque franque sont loin d’être comparables à ceux de l’époque classique, exécutés en capitale et onciale de confection impeccable. Aux VIe, VIIe, VIIIe siècles, les scribes pratiquent encore gauchement la capitale, l’onciale, la minuscule antiques ; ils adoptent plus volontiers la semi-onciale que fait apparaître la combinaison des formes de l’onciale et de la minuscule h Mais le trait le plus caractéristique de l’époque franque en matière d’écriture a été l’envahissement du livre par la cursive, précédemment réservée aux rédactions épistolaires 1 2.
Cette écriture, qui est celle des chartes et des lettres de l’époque mérovingienne, en pénétrant dans le champ nouveau pour elle du livre, est devenue la semi-cursive. L’aspect irrégulier, les formes compliquées, les ligatures de la cursive mérovingienne en rendent difficile l’exécution comme la lecture. Le système -d’abréviation emprunté aux écritures insulaires en complique encore la pratique.
Au cours du VIIIe siècle et dès le commencement de l’époque carolingienne, mais surtout à la faveur de l’impulsion donnée par Charlemagne à l’enseignement des lettres et à la reproduction correcte des textes, on travaille dans un certain nombre au moins de scriptoria de l’empire franc à régulariser, améliorer la technique de l’écriture du livre. Tandis que le plus souvent 3, les scribes des diplômes et des chartes de l’époque carolingienne restent fidèles aux formes traditionnelles de l’ancienne cursive, des initiatives heureuses modifient et perfectionnent sans cesse la semi-cursive des manuscrits.
1. Cf. Boüard, La question des origines de la minuscule Caroline, p. 72.