Ann. Beriin., 867, p
ÉCOLE ÉCLECTIQUE DE SAINT-DENIS
désormais l. A côté de la seconde Bible de Charles le Chauve, sortie antérieurement de leurs mains et qui représentait le style franco-saxon, ils trouvaient la Bible offerte par Vivien à Charles le Chauve, chef d’œuvre de l’école de Tours. Une autre Bible perdue et qui serait celle d’Alcuin, était sous les yeux des artistes qui ont exécuté le « Codex aureus », dit de Saint-Emmeran 2. Les Évangiles de Saint-Médard de Soissons, l’un des beaux ouvrages de l’école des Évangiles Ada, ont certainement été communiqués alors à Saint-Denis, car l’enlumineur du « Codex aureus » a copié les canons de ce manuscrit 3.
La manière éclectique des artistes de Saint-Denis désigne peut-être déjà comme sortis de leur atelier un bon nombre d ouvrages de luxe. L’origine de ceux-ci se trouve confirmée par d autres indices. Le Psautier de Charles le Chauve, exécuté par Liuthard et du vivant de la reine Ermenthrude, et par conséquent en 869 au plus tard, manuscrit dont le style ornemental manifeste déjà la provenance, renferme des litanies où les saints du monastère, Denis, Rustique et Eleuthère sont mis en particulier honneur L Le « Codex aureus » de Saint- Emmera i appartint à Saint-Denis avant d’être donné par Arnoul au monastère de Ratisbonne, et fut probablement soustrait par le roi Eudes au trésor dionysien 5. Il fut écrit et dédié à Charles leChauve, en 870, par les deux frères, Liuthard et Bérenger, dont les deux mains se succèdent dans le manus crit 6. Le style composite de l’ornementation et le fait que l’un des artistes est celui-là même qui a exécuté le Psautier
r. Cf. A. M. Friend, Art studies, I, 1923, p. 67. et Two mss. of the school of Saint- Denis, dans Spéculum, I, 1926, p. 59.
2. Leidinger (Der codex aureus) a montré que les tituli en vers qui accompagnent des miniatures du « Codex aureus », ont été empruntés directement à une Bible d’Alcuin perdue, que les artistes avaient sous les yeux quand ils exécutèrent les peintures de ce manuscrit, cf. Morey, p. 64.