‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 32 sur 1207 · Voir plus loin Script. Tours · texte numérisé non relu

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5. Lauer, p. 429 ; dom Wilmart, Le « cornes » de Murbach dans R. Bénéd., 1913,

6. Epist. 76 : « improborum rapacitas, quam profecto pulchritudo ipsius codicis accendisset » (Epist. Kar. aevi, IV, p. 70).

prix de l’écriture

cile. Ceux qui s’y exercent tard, n’arrivent pas à s’en rendre maîtres 1. Le livre n’est produit, même et peut-être surtout après la réforme de l’écriture, que grâce à un travail, le plus souvent lent, toujours attentif «t réputé pénible. Méritoire pour le Ciel 2 plus encore qu’il ne l’est au regard des hommes, le labeur qui produit un livre, prend et lui communique un caractère religieux. L’écriture à elle seule transforme des cahiers de parchemin en un objet de prix.

§ 5. — Le prix du contenu des livres.

Le prix des livres, au regard du clergé et des moines, tient essentiellement à leur contenu. A mesure surtout que s’opère la réforme et que s’épanouit la renaissance des lettres, le clergé et les moines sentent que les livres ont une valeur en quelque sorte spirituelle. Le labeur de l’esprit qui les produit, écrit Raban Maur, l’emporte sur tous les autres travaux 3. Ils sont l’œuvre, non pas de la plume seulement, mais de l’intelligence 4. Là sont renfermés les trésors mystiques des sages 5. Les bâtiments où sont conservés les livres, si exigus qu’ils soient, contiennent pourtant les dons de la sagesse céleste, de cette sapience qui est plus précieuse que tous les trésors 6. Les livres sont les vraies richesses du cloître (divitiae claustrales) 7. Un tel trésor est mis à plus haut prix que l’or 8.

Parmi les livres, il en est un certain nombre. Bibles, Évangiles, Psautiers, livres isolés ou groupés de l’Ancien et du Nou-

1. C’est le cas de Charlemagne :« manum litteris effigiendis adsuesceret ; sed parum successit labor praeposterus ac sero inchoatus» ( Einh . vita Kar., 25, p. 22).

2. Cf. plus loin. Chap. 21, Le travail d’exécution des livres, § 1.

3. Hrab. carm., 21 : « Est pius ille labor, merito cui non valet alter » ( Poetae lat., II, 186).

4. 1, v : « Accipe librum quern dudum mente dedi et calamo » (p. 162).

5. Lettre de Claude de Turin à Dructerannus : « sententias de mysticis thesauris sapientium inquirendo et investigando in unum rodicem conpendio brevitatis coar. tavi » (citée par L. Delisle, Cab. des mss, I, 4, n. 11).

6. Alcuini carm., 105, I, la pièce a pour titre : « Ubi libri custodiantur » et renerme ces vers ;

Parvula tecta tenent caelestis dona sophiae...

Omnibus est gazis melior sapientia donis

(Poetae lat., I, 332) ; cf. 94, p. 320.

7. L’expression est d’Hariulf (Xlle siècle), à propos de l’inventaire dressé en 831 à Saint-Riquier (Chron. Centul., III, 3, p. 94).

8. Sur un ms. d’Origène exécuté entre 1 141 et 1149 (B. N. lat. 1627) on lit :

« Hune Hugo donavit quem de proprio fabrieavit.

» Istum thesaurum quem diligimus super aurum ».

(L. Delisle, Cab. des mss., II, 394-5).

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