Chron. Centul., IV, i, p. 180 ; 17, p
2. Chron. Centul., IV, 36, p. 283. Hariulf a révisé son travail, puisqu’il relate la mort en 1104 de l’abbé Gervin, cf. F. Lot, p. XVII.
3. Alcuin, à sa demande, mit en meilleure forme la vie de saint Vaast (Aie. epist, 212, p. 706) et composa des inscriptions en vers pour l’église rebâtie par Radon, et les aute s qu’elle renfermait (Ale. carm. 99, Poelae lat., I, 308-12).
4. B. imp. Vienne 1190. En tête de la Bible, on lit un poème qui renferme ces deux vers :
« Codicibus sacris hostili clade perustis Et rado fervens hoc reparavit opus. »
Le poème, que le copiste dit être d’Alcuin, est bien en effet de celui-ci, à cette différence que dans la pièce de vers d’Alcuin en lit : « Ezra deo » au lieu de « et Rado » (Aie. carm., 69, p. 292). Comme la lecture «et Rado » est certaine, il est vraisemblable qu’un moine de S. Vaast, exécutant ce manuscrit à la suite d’un incendie, a légèrement interpolé le [ oème d’Alcuin, pour y int oduire le nom de l’abbé, qui lui avait commandé ce travail; cf. S. Berger, H. Vulgate, p. 108-9. Suivant Mgr Dehaisnes (Hist. de l'art dans la Flandre, l'Artois, le Hainaut, I, p. 76), une pièce de vers d’Alcuin témoignerait déjà de l’activité du scriptorium de Saint-Vaast au
VIIIe siècle : «in sacrum codiccm, cura Radonis, abbatis monasttrii sancti Vedasti scriptum ». Il ajoute que la chronique de Saint-Vaast (?) désigne ce cccex etmme constituant un Missel (?) « satis implicatum », terme que l’histcrien de l’art en Artois traduit par « chargé d’entrelacs ». Les entrelacs, dont la variété et la complexité caractérisent la décoration des manuscrits du groupe franco-saxon, se trouveraient-ils déjà dans un manus rit de Saint-Vaast de la fin du VIIIe siècle ? Nous ne savons d’où Mgr Dehaisnes tenait des renseignements qui ne paraissent guère s’appliquer à la Bible de Vienne écrite sur l’ordre de Radon.
5. B. Arras, ms. 233 ; cf. L. Delisle, L’ Ëvangéliaire de S. Vaast d’Arras et la calli * graphie franco-saxonne au IXe s., p. 12, et Dehaisnes, I, 76. Sur l’école franco-saxonne, voir plus loin, Chap. 22, § 2.
« SCRIPTORIUM )) DE SAINT-VAAST D’ARRAS AU Xe SIÈCLE 233
Vaast du 6 février et du io octobre, alors qu’il n’en contient pour aucune autre fête de saint local 1. Le Sacramentaire de Cambrai de même style, renferme la messe de la vigile de la fête de saint Vaast (5 février), comme celle de la « depositio sancti V edasti » (6 février) et pas davantage de messes d’autre saint étranger' au, calendrier romain 2. On peut conjecturer qu’il a été exécuté aussi pour le monastère Saint-Vaast et transporté ensuite à Cambrai. Il est vraisemblable que l’un et l’autre sortent du scriptorium de Saint-Vaast. Il en est sans doute de même des Évangiles de style franco-saxon qui ont appartenu à ce monastère et dont il ne subsiste que le saint Mathieu 3. L’atelier de Saint-Vaast, s’il a produit, comme il semble, ces trois manuscrits, peut être considéré comme l’un des foyers au moins de l’école qui, sous l’influence de l’art anglo-saxon, s’est formée dans la région du Nord.
A part le Sacramentaire qui avait peut-être passé’ déjà d’Arras à Cambrai, ces manuscrits ont échappé à l’incendie qui en 886 anéantit les livres transportés à Beauvais avec le trésor de Saint-Vaast 4. Les quelques autres manuscrits du IXe siècle que le monastère a conservés 5, ou bien ont été sauvés eux aussi lors du désastre, ou proviennent d’un autre scriptorium et ont été acquis lorsque les moines reconstituèrent leur bibliothèque.
Plusieurs manuscrits du Xe siècle renferment une note d’une main contemporaine et qui marque que ces livres appartenaient alors à Saint-Vaast 6 ; mais la preuve de l’origine artésienne ne serait faite que si la note était certainement de la même main que l’écriture du manuscrit. Sur l’un d’eux est inscrit le nom du prêtre Ermenric 7, sans doute le moine de Saint-Vaast qui a tenu la plume. C’est sans doute aussi à Saint-Vaast qu’a été exécuté, au Xe siècle, un Sacramentaire
1. Delisle, L’Évang. de S. Vaast, p. 12. La table (ef. p. 6 et 7) les indique toutes deux ; la portion de l’Évangéliaire qui renfermait le second de ces Évangiles a péri.
2. B. Cambrai, ms. 162 (158) ; cf. Leroquais, Les sacrant., 14, p. 36. Ni saint Géry, ni aucun autre saint cambraisien n’obtient le même honneur.
3. B. Boulogne, ms. 12 ; cf. Héliot, Les mss. illustrés de la B. de Boulogne dans le Bull. Com. flamand, 1934, p. i92:3- L’ouvrage incomplet devait comprendre les trois autres- Évangiles dont les frontispices inachevés sont conservés (loc. cit.).