Ann. Vedast., éd. Dehaisnes, p
5. B. Arras, mss. 590, 627 et 628 ; B. Boulogne, mss. 42, 75.
6. B. Arras, ms. 189, Xe s. : «Hic liber aime tibi sine fine, Vedaste, manebit » ; ms. 570 : « Si quis hune librum ecclesiae sancti Vedasti abstulerit, anathema sit » • ms. 585 « Liber sancti Vedasti episcopi ecclesiae Atrebatensis ». Des notes analogues sont apposées sur des manuscrits du XIe siècle.
7. B. Arras, ms. 617. Au verso du 1e1 folio la même main a écrit « Ermenrirus presbyter » et en marge « Liber sancti Vedasti».
234 « SCRIPTOR I UM » DE SAINT-VAAST D’ARRAS AU XIe' SIÈCLE
donné au XIe siècle à l’église d’Exeter et d’où, dans les litanies des saints, lesquels appartiennent en grand nombre à la province de Reims, le nom de saint Vaast se détache en lettres majuscules h Le Sacramentaire que Ratold, abbé de Corbie, a offert à son monastère et qu’il aurait fait écrire, ou plutôt accommodé à l’usage de celui-ci, a été exécuté pour Saint- Yaast et sans doute dans le scriptorium de ce monastère 1 2.
Nous sommes mieux renseignés sur l’identité et l’activité des scribes de Saint-Vaast au XIe siècle. Le nom de plusieurs d’entre eux est inscrit sur leur ouvrage ; une nombreuse équipe a travaillé à cette époque dans cet atelier, dont le rendement a dû être alors considérable. Ces scribes ont été parfois associés et se sont relayés dans l’exécution d’un travail de longue haleine. Pour écrire les cent trente et un folios du « De disciplina ecclesiastica » de Réginon, neuf scribes ont tenu la plume successivement et quelques-uns d’entre eux à plusieurs reprises, Albert, Richuinus, le « scriptor optimus » Itesboldus, Walbert, Albéric, Wibertus, Alard, Gautier et Lantbert 3 * * * * *. Ces noms inscrits à la troisième personne ont été certainement ajoutés par un autre, probablement par le chef du scriptorium. Mais il ne s’agit pas ici de simples marques
1. B. BodL, 579 ; cf. Delisle, Ane. Sacrant., LXXX, p. 218-220.
2. B. X. 12052, cf. plus haut, p. 227, Delisle, Ane. Sacrant., LVI, p. 189-190 a signalé les nombreuses fêtes propres à «saint Vaast, seules marquées en capitales rouges que renferme le ms. ; il observe que les mentions du calendrier concernant Corbie ont été ajoutées après coup et que le distique, faisant honneur à Ratold d’avoir fait écrire le livre, a été ajouté sur un passage gratté ; voir aussi Leroquais, 3U P- 79-
3. B. Arras, ms. 675 (723). Ces notes ont été publiées par Quieherat au t. IV du Calai. B. dépts, série in-40, p. 268, mais incomplètement et il ne sera pas inutile de les reproduire après nouvelle collation : « Albertus (en haut du f° 1 v°) scripsit
(du f° 2 r°) » — « Albertus finem fecit (bas du f° 9 r°) » - — « Richuinus scripsit (haut du f° g v°) » — « Richuinus hic dimisit «zbnfdrb (bas du f° 16 v°)
— « Itesboldus scriptor optimus (haut du f° 17) » • — « Itesboldus dimisit (en marge de la 4e ligne du f° 21 r°) » — « Vualbertus incepit (en marge de la 5e 1. du même f°) » — « Vualbertus non plus fecit (bas f° 22 v°) » — « Albertus reincipit (haut du f° 23 r°) » — « Albertus (haut du f° 24 v°) scripsit (bas du f° 25 r°) » — « Albertus (haut du f9 32 v°) hic dimisit (bas du même f°) » — « Albricus scripsit (haut du f° 33 r°) » — « Albricus dimisit (bas du f° 40 v°) » — « Wibertus (haut du f° 41 r°) » - — kskmkdckb (bas du f° 48 v°) » — « Richuinus II scripsit (haut du f° 49 r°)
— ckpxqsx (bas du f° 56 v°) — « Alardus scripsit (bas du f° 57 r°) » — x s q x
p h kc (bas du f° 64 v°) — « Wibertus reincipit (haut du f° 65 r°) » — t k s pkres (haut du f° 73 r°) — t x o f f e n r f c k b (bas du f° 80 v°) — « Walterus scripsit (haut du f° 81 r°) » — - « Walterus scripsit (haut du f° 88 v°) ici. (du f° 89 r°) » — «Walterus (haut f° 96 v°) hic dimisit (bas même f°) » — « Lantbertus incepit (haut du f° 97 r°) » — « Lantbertus (haut du f° 104 v°) scripsit (du f° 105 r°) » - — t
nal (haut du f° 128 v°) — menif (bas même f°) — sutrgb (haut du f°
129 r°). Le ms. comprend 16 quaterniones plus 3 folios auxquels a été ajouté lors d’une reliure plus récente un 4e feuillet étranger au ms. primitif.
SCRIBES DE SAINT-VAAST D’ARRAS AU XIe SIÈCLE 235
d’atelier destinées à être effacées après assemblage L Les noms sont écrits en petites capitales, ornées parfois d’un point xouge ou vert, comme les initiales du texte ■ le changement de mains est signalé non pas seulement en fin ou au commencement des cahiers, mais à des feuillets intermédiaires, une fois même en marge de l’un des folios et à la ligne précise où s’opère la substitution d’une main à l’autre. Éloge est fait de l’un des copistes proclamé scribe excellent. Ces inscriptions sont apposées par conséquent à demeure par un chef d’atelier ou un relieur qui a tenu à rendre hommage aux exécutants.
Le moine Albert, qui avait commencé l’exécution de ce manuscrit, a été aussi le scribe unique d’un manuscrit de luxe des Miracles de saint Vaast, soigneusement calligraphié, puis enluminé 1 2. Le décorateur, ornant le sixième folio d’un fond d’entrelacs a inscrit parmi eux en caractères d’or « Albertus scripsit ». Sa belle écriture, bien reconnaissable d’un manuscrit à l’autre, méritait sans doute l’honneur qui lui fut fait. C’est probablement pour fournir un modèle aux autres exécutants qu’il avait été invité à écrire le premier cahier du manuscrit de Réginon.
Le nom d’Alard, l’un des neuf scribes de ce manuscrit, se retrouve sur un exemplaire des Confessions de saint Augustin 3 4. Dans une pièce de vers en tête du manuscrit, Alard fait offrande à saint Vaast du livre, en même temps que de sa personne. L’écriture de ce manuscrit ne paraît pas en tout semblable à celle d’Alard dans le manuscrit de Réginon. Ou bien, Alard a eu deux manières, ou deux religieux du même nom ont travaillé dans l’atelier à diverses dates du XIe siècle. Une miniature d’un Livre des Évangiles également du XL' siècle représente un religieux offrant son livre à saint Vaast ; au-dessus du personnage est écrit son nom : Guntfrédus L Le moine Rodolphe qui a copié le Commentaire de saint Jérôme
1. Ces inscriptions servent aussi à l’assemblage ; la plupart des changements de main se fait à la fin d’un « quaternio » comme on le voit à la note précédente par la numérotation des feuillets, chaque cahier se terminant au multiple de S. Quand le scribe écrit des cahiers qui se suivent, l’inscription : un tel a écrit, est répartie entre le verso du dernier folio et le recto du premier folio du cahier sui\ ant ; des séries de lettres apposées en fin de cahier et au début d’un autre constituent sans doute des marques d’assemblage supplémentaires.