Préface de Guérard, p. V
8. Liber floridus Lamberti , B. Gand, ms. 92, Saint-Génois, Calai., n° 16, p. 14.
l’enluminure des manuscrits a saint-bertin
œuvres sorties de cet atelier ; elles présentent les initiales à têtes de chien, pointes de flèches et entrelacs qui caractérisent ce style h
Il ne subsiste qu’un petit nombre de manuscrits à peintures exécutés à Saint-Bertin au IXe siècle. Nous ne possédons aucun des livres luxueux de Guntbertus qui vraisemblablement comportaient des peintures. Un exemplaire du Commentaire sur saint Luc de saint Ambroise, orné de belles initiales 1 2, qui date du IXe siècle, est sans doute l’œuvre des artistes bertiniens. Les Évangiles de Saint-Liévin, tels qu’ils sont sortis primitivement d’un scriptorium du Nord de la France au cours du IXe siècle 3, peuvent aussi être attribués avec vraisemblance à l’atelier de Saint-Bertin 4 ; l’artiste qui les a enluminés a certainement copié un manuscrit des Évangiles fortement inspiré de l'art antique chrétien 5. C’est aussi au scriptorium bertinien qu’ont dû être exécutés un manuscrit illustré de Smaragde 6 et le manuscrit de la vie de saint Wandrille avec dessins représentant des scènes empruntées à son histoire 7 . Là sans doute aussi, fut prise la copie d’un manuscrit de l’école de Reims, renfermant un traité d’astronomie et orné d’illustrations d’après l’antique 8.
A la fin du Xe siècle, l’atelier bertinien entre dans une ère particulièrement active et brillante. Un grand nombre de manuscrits ont été exécutés au scriptorium de Saint-Bertin, sous l’abbé Odbert (986-1007) 9. Un Psalterium glossatum l0, décoré d’enlacements, de figures d’animaux et de miniatures, dont le sujet est emprunté à la vie du roi David, est l’œuvre de trois religieux. Le poème acrostiche qui figure en tête du