Loc. cii
5. B. S. Orner ms. 254, cf. Catal. B. dépts, in-40, III, p. 121.
6. B. Boulogne, ms. 48. Lindsay, Collect. dans Palaeogr. lai. II, 33, estime que ce ms. a été écrit à S. Bertin avant 823.
7. L’expression « addidit » paraît pourtant correspondre à celle qu’emploie Folquin « adauxit » à propos du scribe émérite qu’a été Guntbertus.
« SCRIPTORIUM » DE SAINT-BERTIN AUX Xe ET XIe SIÈCLES 237
vre, d’en corriger les fautes, autant qu’ils le peuvent h Deux manuscrits de Bède exécutés au Xe siècle, sortent vraisemblablement du scriptorium bertinien. Une note signale que Griminus de bonne mémoire, a ordonné de faire le premier 1 2 ; la même main a inscrit sur l’autre que le livre appartient à la librairie de Saint-Bertin 3. Les anathèmes à l’adresse des ravisseurs qui la dépouilleraient se rencontrent dans maints manuscrits qui en proviennent 4, mais ils ont pu être ajoutés sur des livres acquis au dehors.
Le scriptorium de Saint-Bertin a produit au'si beaucoup d’œuvres originales. Les nombreuses chartes privées qui intéressent le monastère, le polyptyque que l’abbé Adalard a ordonné d’écrire 5, celui qu’a dressé Goibertus de l’avoir .de la cella du Saint-Sauveur de Stenedlant 6, ont été évidemment exécutés au scriptorium du monastère. Là aussi, Folquin écrit au Xe siècle l’histoire du monastère. Elle nous a été conservée dans un manuscrit du XIIe siècle, mais Mabillon a connu un autre exemplaire qu’il datait du milieu du Xe siècle et qui était peut-être le manuscrit original du Chartularium Sithiense composé en 961 7 et qui, au Xe siècle, a été continué par Simon.
Lambert, écolâtre puis, en 1095, abbé de Saint-Bertin, avait compilé une sorte d’encyclopédie composée de 192 petits traités renfermant toutes sortes de connaissances utiles, recueil fait de la fleur de nombreux auteurs et dit pour cette raison « Liber floridus ». Le prototype en a été évidemment exécuté au scriptorium de Saint-Bertin et a été copié sans doute à l’usage d’autres monastères ; on en retrouve un exemplaire du XIIe siècle à Saint-Bavon de Gand 8.
Dès le IXe siècle, le scriptorium de Saint-Bertin a pratiqué, en même temps que la calligraphie, l’enluminure des manuscrits. L’empreinte de l’art franco-saxon est marquée sur les
1. B. Boulogne, ms. 44: «Ego Leodhardus, indignus subdiaconus, jubente domno nostro Nanthario abbate, librum hune scripsi. Pax legentibus. Oro quicumque legerit librum hune ut corrigat ilium in quantum prevaleat ». Cf. P. Héliot, Les mss. illustrés de la B. de Boulogne, p. 193.