‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 434 sur 1207 · CÉLÉBRITÉ DE L’ATELIER DE REICHENAU · texte numérisé non relu

CÉLÉBRITÉ DE L’ATELIER DE REICHENAU

La réputation de l’atelier s’est répandue au Xe siècle, dans toute la Francia orientale. Les rois de Germanie le font travailler, soit pour eux-mêmes, soit pour l’une de leurs églises. Le moine Liuthard a dédié son œuvre à l’empereur Othon. Plusieurs livres de luxe sortis de Reichenau ont été offerts par Henri II à son église favorite de Bamberg.

C’est souvent aussi 'pour le compte d’un prélat et de son église que les scribes et peintres de Reichenau se mettent au travail. L’archevêque de Trêves, Egbert a fait exécuter dans 1 île le Psautier connu sous son nom et l’Évangéliaire dit Codex Egberti, chef-d’œuvre des productions de cet atelier h Bruno, évêque de Toul, a fait faire à Reichenau l’Évangéliaire qui est entré ensuite en possession des moines de Poussay2. Comme nous l’apprend une inscription en lettres d’or, apposée sur le second folio d’un Évangile du XIe siècle, ce livre a été écrit à la prière et par la charité d’Hillin (prece et caritate Hellini) pour être offert à l’autel de Saint-Pierre de Cologne. A la suite vient une dédicace faite par Hillin au saint et une miniature représente le chanoine offrant le livre à saint Pierre assis sur un trône, tandis qu’en haut est dessinée l 'église L En 998, le pape Grégoire V s’est fait envoyer de Reichenau un Sacramentaire, un Épistolaire, un Évangéliaire 4. Mais cette floraison est de courte durée et dans la première moitié du XIe siècle, dès le règne de Henri II, la décadence a commencé 5.

En dehors des manuscrits de luxe et de caractère sacré, le scriptorium de l’île continue, au Xe siècle, de produire des manuscrits non décorés, consacrés aux sciences théologiques et profanes. Plusieurs renferment une dédicace ou des souscriptions de scribes. Un manuscrit de saint Jérôme, du Xe

cf. Ivinstle, p. 22 ; Sacramentaires de Saint-Alban (Mayence, B. Séminaire) ; de Saint-Maximin de Trêves (Paris B. N. lat. 18005 ; le calendrier et les litanies prouvent qu'il a été exécuté pour S. Maximin à Reichenau, cf. Künstle, p. 23 ; Leroquais, 46, p. 113) ; Sacram. exécuté pour la cathédr. de Worms (Paris, B.^ Arsenal n° 610) ; Sacram. d’Hornbach (trésor cathédr. Soleure) ; de Saint-Biaise (S. Paul en Carinthie).

1. B. Trêves, 24 ; cf. Catal. publié par Keuffer, I, 25 ; F. X. Kraus, Die Minia turen des Codex Egberti, Fribourg, 1884, in-40 ; H. V. Sauerland et A. Haseloff, Der Psalier Erzbischofs Egberts, Trêves 1901 ; K. Lamprecht, Der B ilderschmuck des Codex Egberti uni des Codex Epternacensis zu Gotha (Bonner Iahrb., LXX, 1881).

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