FORMATION DU STYLE DE SAINT-GALL
•certainement de l’iconographie byzantine et trahissent des influences syriennes h Dans un manuscrit de la fin du IXe siècle, qui renferme les Évangiles en grec, avec une traduction latine en interligne, est insérée en outre la description des gestes des personnages figurés dans les miniatures du manuscrit grec que copie le scribe. Celui-ci a voulu, sans doute, fournir ainsi un guide aux peintres élevés dans l’école de Saint-Gall 1 2. Les influences diverses qui se sont exercées sur elle n’empêchent pas d’ailleurs ces artistes de pratiquer un art à bien des égards neuf et original.
Les animaux stylisés se sont maintenus longtemps dans l’ornementation san-galloise ; mais ils sont dessinés suivant un mode réaliste qui contraste avec les formes rigides et irréelles de la manière irlandaise. Ces motifs ont pris déjà cet aspect nouveau au cours de l’époque de transition qui précède l'abbatiat de Grimald 3. On les retrouve plus tard encore, par exemple dans l’initiale P des Épîtres de saint Paul, dont la haste est faite du corps légèrement étiré mais naturel et vivant d’un animal droit sur ses pattes de derrière et de la gueule duquel part un rameau de feuillage qui dessine la panse de la lettre 4. Dans un Évangéliaire de la fin du IXe siècle, un E est formé de deux poissons dessinant chacun l’une des courbes de la lettre. Leurs têtes se rejoignent à l’extrémité d’une tige chargée de feuilles qui forme la barre de cette initiale 5.
Mais les motifs qui prédominent à Saint-Gall dans l’art de l’ornementation des livres sont ceux du règne végétal 6. Les rinceaux, guirlandes, feuillages et fleurs remplissent les encadrements des pages et l’intérieur des lettrines, forment les chapiteaux des canons, courent en spirale autour des colonnes 7 . Dans la scène du sacre de David par Samuel du Psautier d’or, ils jonchent le sol et jaillissent de toute part autour de l’arcade qui enferme la composition 8.
1. Stiftsb. mss. 338, 340-1, 376, scènes de la Nativité, du Crucifiement, des Saintes femmes au tombeau, de l’Ascension, de la Pentecôte ; cf. Ebersolt, Mss. à peintures
de S. Gall, R. archéol ., 1919, p. 228 et Pi. 1 à 4 et Merton, Buchm.von neuntenbis zum elften, Pi. 75 à 83.