ms. 168 ; cf. Scherrer, loc. cit
10. ms. 393 : « Ratpert us monachus fecit carmen barbarie uni quod nos in latinum transtulimus » (Scherrer, p. 134). Les mss. 174 et 176 renferment des notes et corrections de la main d’Ekkehard.
11. ms. 560, f° 177 : « Servum Galle tuum libri decus hoc Herimannum
Divite cum voto tibi perfecisse memento » (Scherrer, p. 177).
12. ms. 375, Graduel et Séquence. Luitherus qui l’a écrit est représenté à genou, offrant son livre à s. Gall.
l’enluminure a saint-gall
§ 4. — Le « Scriptorium » de Saint-Gall, L’enluminure.
L’art s’est développé à Saint-Gall à une époque relativement tardive. Tandis que l’essor artistique commence au VIIIe siècle dans un certain nombre d’ateliers de la Francia occidentale, il n’est perceptible à Saint-Gall que dans la première moitié du IXe siècle. La décoration garde encore alors la plupart des éléments des temps mérovingiens L
L’influence insulaire est prépondérante dans les plus anciennes peintures sorties du scriptorium san-gallois. Elles constituent essentiellement une imitation grossière des modèles d’art irlandais que renfermaient les livres venus d’Irlande 1 2. Un Evangéliaire, qu’on peut sans doute identifier avec celui que le catalogue range parmi les « libri scottice scripti », mais qui a dû être exécuté à Saint-Gall, présente des illustrations qui sont de mauvaises copies des motifs ornementaux insulaires 3. L’influence irlandaise s’exerce d’ailleurs encore visiblement dans des œuvres d’âge postérieur 4 5.
Les artistes san-gallois ont sans doute enrichi leur technique d’emprunts de toutes sortes. Peut-être ont-ils subi l’influence du style tourangeau 6, de la manière réaliste de l’école de Reims, du style éclectique qui se serait épanoui à Saint- Denis 6. Les relations avec l’Italié leur ont sans doute permis d’avoir sous les yeux des modèles antiques. Les miniatures de plusieurs manuscrits san-gallois, d’époque d’ailleurs tardive, représentant des scènes du cycle évangélique, relèvent
1. Cf. A. Merton, Die Buchmalerei des IX Iahrhunderts in St Galien, p. 1. Voir aussi du même. Die Buchmalerei tn S* Galien von neunten bis zum elften Iahrhundert.
2. Cf. Micheli, Recherches sur les mss. irlandais décorés de S. Gall, dans R. archéol., 1936, t. VIII, p. 55.
3. Stitfsb., ms. 60 ; cf. Micheli, 55-8. Une page de garde du ms. 221 présente les. mêmes caractères (p. 58-9).
4. MUe Micheli croit retrouver l’influence irlandaise dans le ms. 15, au f° 30 du Psautier de Folchard, et dans la reliure de l’Évangéliaire de la collection Morgan
5. Le contour purement linéaire de certaines lettrines et l’usage d’entrelacs savants signalés plus loin, ont pu être empruntés à des modèles tourangeaux.
6. Deux des quatre danseurs de la miniature du roi David dans le Psautier d’or (Rahn, Psalterium aureum, PI. 6 ; Boinet, PL 144 A) se retrouvent identiques dans la miniature correspondante du Psautier de Charles le Chauve (Boinet, PL 113 A). Toutefois Merton ( Buchm . des IX Iahrh., p. 46) fait observer, à l’encontre de cette remarque faite par Rahn, que des différences sensibles se sont fait jour dans l’attitude des autres personnages. Il estime que de part et d’autre, les artistes ont librement traité des modèles appartenant à l’iconographie chrétienne antique. On peut tout aussi bien penser que les San-Gallois ont interprété â leur manière un modèle de Saint-Denis.