COFFRETS, ARMOIRES
min1. Dans les Evangiles de Saint-Emmeran, des tourelles placées de chaque côté du siégé monumental de l’écrivain présentent des armoires ouvertes, d’où sortent des rouleaux de parchemin ; en outre, à gauche du siège une corbeille contient aussi des rouleaux 2. A la droite d’un Évangéliste de la Bible de Saint-Paul, une tourelle comporte trois armoires ouvertes d où s échappent, en se déroulant, des bandes de parchemin 3.
Dans les scriptona des églises du temps, les sièges, pupitres, coussins, escabeaux, pieds d’écritoire ne prenaient pas sans doute les formes décoratives prêtées à ceux des Évangélistes ; mais tous ces meubles étaient en usage avec les cornets d’encre, avec les coffres renfermant la provision de feuillets de parchemin empaquetés et aussi des manuscrits que les scribes ont mission de reproduire.
§ 2. — L’Approvisionnement en parchemin
Dès le commencement de l’époque carolingienne, l’usage du papyrus a disparu dans l’ancienne Gaule 4. Les chartes et manuscrits exécutés sur papyrus, qui ont survécu, sont antérieures au milieu du VIIIe siècle 5. Les scriptoria s’approvisionnent dès lors exclusivement en parchemin.
Mans, laisse voir des livres ou des paquets de parchemin (Kohler, I, PI. 120 a). Près de deux des Évangélistes de la Bible de Vivien, figure une boîte rectangulaire ; auprès des deux autres, sont placés deux coffres, l’un rectangulaire, qui semble renfermer des manuscrits, l’autre rond et haut, rempli de rouleaux de parchemin et un encrier en sort (Kohler, I, PL 73). Auprès de deux Évangélistes, dans le «Codex aureus » de Saint-Emmeran, est placée une boîte ronde ; le couvercle levé laisse voir des livres ou du parchemin (Boinet, PI. 116). Dans les Évangiles de S. Aure, .derrière s. Jean, des rouleaux de parchemin sortent d’un coffre entr’ouvert (B. Arsenal, ms. 1171, f° 64 ; Martin et Lauer, PL I). Dans deux miniatures des Évang. de Morienval (Trésor cathédr. Noyon), aux pieds de l’Évangéliste est posée une boîte, d’où sortent des feuillets de parchemin. Le coffre apparaît aussi dans les Évang. d’Aix (Boinet, PL 60).