LES PALIMPSESTES
été répandu 1. Bien que la disparition, au VIIIe, du papyrus rende les membranes indispensables pour les chartes comme pour les manuscrits, la pratique du grattage est dès lors moins commune. Au reste, dans l’ancienne Gaule, le nombre relativement faible des livres anciens qui subsistaient, à l’heure où les ateliers, de scribes prenaient une nouvelle activité, ne permit guère de se procurer du parchemin par cette méthode. La plupart des « codices rescnpti » que possédèrent les églises et monastères francs ont été récrits, avant l’époque carolingienne. On ne trouve trace de palimpsestes, ni à Lyon 2, ni à Saint-Martin de Tours, ni à Saint-Denis. L’eglise d’Autun 3, les monastères de Luxeuil 4, de Fleury 5 et de Corbie 6 en ont conservé chacun un ou deux seulement ; on n’en trouve que de rares exemplaires dans la Francia occidentale 7. Les monastères de Wissembourg 8, de
1. Wattenbach, 306 ; Châtelain, Les palimpsestes latins, dans Annuaire Ec. H. Études, 1904, p. 41.
2. M. Lowe (Codices Lugdun. antiquiss., p. 13) observe que l’église 'de Lyon était assez riche pour se passer de cette pratique.
3. Le «de capitalibus vitiis » de Cassien (B. Sém. Autun, 24) a été récrit au VIe ou VIIe siècle, sur des feuillets, qui avaient contenu des fragments de l’Histoire naturelle de Pline et des textes législatifs (Cf. Lindsav, Notae lat., p. 445 et Traube, op. cit.,6, p. 172). Le ms. 21 fB N, nouv. acq. lat. 1628 renferme sous les Moralia de s. Grégoire des fragments d’Évangile en onciale (Traube, 5) ; cf. Châtelain, 105- 7, p. 38. Ce ms. provient aussi d’Autun.
4. C’est du moins en écriture de Luxeuil, qu’a été exécuté, au VIIIe siècle, le ms. de Jérôme sur l’Ecclésiaste par dessus l’Hist. natur. de Pline (B. S. Paul Carinthie, 25 A 3, cf. Lindsay, Notae lat., 486 ; Châtelain, 72-3, p. 29). Le copiste du mis. du IXe s. B. N. lat. 10863 en. provenance de Luxeuil a utilisé des feuillets d’un Lectionnaire du VIIe s. (Châtelain, 104, p. 37).
5. Des feuillets d’un Salluste provenant de Fleury, l’un conservé à la B. de Berlin, et quelques-uns à Orléans (ms. 192 (169), f08 15-18 et f° 20) ont été recouverts par le Commentaire de saint Jérôme sur ISàie (Châtelain, Paliogr. class., p. 14, PL LI, n. 1, et p. 31, PL LI A; Cuissart, Catal. B. Orléans, p. 91-2). De Fleury provient aussi le ms. du VIIe s. B. N. lat. 6400 G du « De natura rerum » d’Isidore, dont les feuillets recouvrent des débris de deux mss. de textes scripturaires du VIe s. (Châtelain, Les palimps., 99-100, p. 36).
6. Dans le ms. B. N. lat. 12161, provenant de Corbie, le « de viris inlust. » a recouvert au VII ou VIIIe s. le « codex Theodos. », la « Lex Wisigoth. » et « Asper n Virgilium » (Lindsay, p. 475 ; Châtelain, Paléogr. class., p. 22).
7. Il subsiste en palimpseste un fragment de l’Itinéraire d’Antonin sous un recueil de Décrétales dans le ms. B. N. lat. 18248, provenant du Mont S. Quentin (Traube 217, p. 222 ; Châtelain, 101, p. 36). Le ms. du IXe s. lat. 4413 exécuté au monastère des Deux Jumeaux au diocèse de Bayeux, est également palimpseste (Châtelain, 102, p. 36), ainsi que pour quelques feôillets le ms. 141 de l’École de méd. de Montpellier d’origine inconnue et le ms. 14 de la B. de Douai provenant de Marchiennes (Châtelain, 109-10, p. 38-9).
8. Le ms. de Wolfenbuttel 4148, Wiss. 64, renferme en palimpseste des fragments du Ve siècle de la traduction de la Bible par Ulphilas, en langue gothique et en onciale gothique, avec le texte latin sur la colonne qui fait face (Pl. du f° 255 v° dans le Cat. d’Heidemann) ; des fragments du VIe s., en onciale grecque, de Galien (de alimentorum facultatibus) ; des fragments de 2 Évangiles grecs du VIe siècle ;