SCRIBES ÉTRANGERS
et ont pris la qualité d’habitants du cloître. Les Irlandais et Anglo-saxons, on l’a vu, ont tenu une place importante dans les scriptoria du Nord et de l’Est de la Francia et leur action se fait sentir jusqu’à la Loire. Des réfugiés espagnols ont travaillé à Albi, à Lyon, à Orléans. Ces scribes de pays étrangers ont non seulement écrit, mais enseigné à écrire. Ils collaborent souvent dans un même manuscrit avec des scribes indigènes. Ceux-ci leur ont emprunté parfois des éléments de leur technique, de leur système d’abréviations, ont reproduit les motifs de décoration, imité le style ornemental dont ils avaient apporté ou exécuté des modèles h
§ 2. ■ — L’AGE DES SCRIJIES, LE (( SCRIPTORIl'M » ET LA « SCOLA )).
Le travail du scribe requiert de préférence des hommes 1 2 et des hommes d’âge mûr. En 78g, Charlemagne recommande aux prêtres de ne pas laisser les enfants corrompre les manuscrits, soit en lisant, soit en écrivant. Oue des hommes « perfectae aetatis » écrivent avec grand soin, s’il en est besoin, Evangile, Psautier et Missel 3. Parmi les scribes d’un scripto rium important, il y avait des hommes de tout âge 4 et l’âge parfait est sans doute souvent dépassé. Parfois, la plume est tenue par des scribes dont la main tremble et qui ont atteint la vieillesse 5. On a vu qu’un abbé, du nom de Wigbertus, écrivait encore des livres, de sa propre main, à quatre-vingtdix ans 6 7. Des scribes ont continué d’écrire au cours de plusieurs générations, maintenu des techniques d’écriture ou des styles considérés dès lors comme arriérés h; peut-être ont-ils parfois changé leur première manière et, forts de l’expérience acquise, pris à plusieurs reprises des initiatives nouvelles et heureuses fi.