‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 499 sur 1207 · SCRJPTORIA » BIEN POURVUS DE SCRIBES · texte numérisé non relu

SCRJPTORIA » BIEN POURVUS DE SCRIBES

nous soient connus nommément, quatorze de ceux dont les noms sont conservés, figurent sur une liste des religieux de Saint-Martin dressée vers 820 1 et sont par conséquent des contemporains quoique d’âge divers. Or ils n’ont certainement pas mis la main à un très grand nombre de manuscrits du même temps, dont l’écriture n’est pas la leur. Il est permis de penser, qu’au temps où l’atelier a le plus fort rendement, pendant la première moitié du IXe siècle, la presque totalité des religieux d’une communauté, forte en 820 de 220 membres, se relayent dans le scriptorium martinien, à côté et sous la direction de maîtres, véritables professionnels de l’art de la calligraphie et de l’enluminure 2.

Il en a été, peut-être, de même, à certaines époques au moins, dans d’autres communautés, où l’« ars scribendi » était en honneur, bien que la production n’ait nulle part été comparable à celle des ateliers tourangeaux. Un exemplaire du VIIIe siècle de la Cosmographie d’Ethicus, provenant de MurbaJi est l’œuvre d’un très grand nombre de scribes 3. A Corbie, vers la fin du VIIIe siècle, un manuscrit est l’œuvre de huit scribes. A la Bible de Maurdramne, dont il subsiste huit volumes, sept scribes au moins ont collaboré et le nombre des manuscrits sortis alors du scriptorium corbéien laisse supposer qu’une importante équipe de religieux y travaillait. Le manuscrit qu’Adalhard a fait exécuter pendant son exil, entre 815 et 821, est l’œuvre d’autant de scribes qu’il comporte de cahiers 4. Un exemplaire du traité d’Alcuin, sorti, semblet-il du scriptorium de Cologne, dans les premières années du IXe siècle porte la marque de vingt mains différentes. Dans un monastère voisin sans doute de cette église, neuf religieuses ont écrit les trois volumes d’un ouvrage 5. Un manuscrit a été exécuté dans le même temps à Salzbourg par sept scribes 6. Il n’est pas douteux qu’à la même époque, dans les scriptoria de l’église de Lyon, de Fleury-sur-Loire, de Saint - Denis, de Saint-Bertin, de l’église et des monastères de Reims, et de Metz, de Reichenau et de Saint-Gall, le nombre des travailleurs n’ait été considérable.

1. Plus haut, p. 151 et suiv. Dans ce chiffre de 14, figurent deux Adalbaldus mais non l’Arégarius d ■ la Bible de Vivien et le Sigilaus de la Bible de Lothaire.

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