‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 50 sur 1207 · ANCIENS MANUSCRITS DE SAINT-MARTIN · texte numérisé non relu

ANCIENS MANUSCRITS DE SAINT-MARTIN

Saint-Martin de Tours, où si grande était, au sentiment d’Alcuin, la pénurie des livres, possédait pourtant peut-être dès l’époque mérovingienne plusieurs anciens manuscrits qu’on trouve plus tard dans sa bibliothèque : Le manuscrit en onciale du «I)e Trinitate » de saint Hilaire, que Montfaucon estimait vieux en son temps de noo ans et qui remonte au VIe siècle, a peut-être été exécuté à Saint-Martin b L’exemplaire du concile d’Antioche en onciale, vu encore à Tours par Haenel en 1826, provenait évidemment de l’une des églises tourangelles1 2, vraisemblablement de Saint-Martin. Le monastère a possède l’un des plus anciens manuscrits des Étymologies d’Isidore du VIIe siècle, en écriture semi onciale et semi cursive, avec nombreux solécismes et barbarismes ; il aurait été daté de 628 3. Peut-être aussi un livre de médecine copié au VIIe ou VIIIe siècle, dont il subsiste un fragment, provient-il de Saint-Martin de Tours 4 5. Le codex chartaceus en papyrus renfermant le commentaire de Boëce sur les Topiques de Cicéron, que Loup de Ferrières désirait emprunter à Saint-Martin 6, était évidemment un manuscr t très ancien. Près de trois quarts de s ècle avant l’arrivée d'Alcuin, l’Eugyppius exécuté probablement à Saint-Martin vers 725 par plus de vingt scribes, le Commentaire de Philippe sur Job et les Actes du Concile d’Éphèse 6 rendent témoignage en faveur de l’activité ininterrompue de l’atelier du monastère.

Saint-Denis a possédé deux manuscrits en capitale de Virgile, l’un peut être du IIIe siècle 7 8, l’autre du VIe s, un

1. Bibl. Bibl., II, 1336, n° 23 ; volé par I.ibri, le ms. a constitué le n° 1 du fonds Libri de la Collection du comte d’Ashburnham ; cf. Delisle, Mss. disparus de la B. de Tours, n° XXXII, Notice et Extraits des mss. XXXI, ire P., p. 202-5 et, p. 353 et est entré à la B. N. nouv. acq. 1592 (Traube, 223, p. 223). Ce ms. est peutêtre venu d’Italie (voir plus loin, p. 60,), mais il se peut qu’il ait été écrit en France et à Saint-Martin, à la fin du VIe siècle. Cf. Rand, A survey of the mss. of Tours, 1, p. 81 et 32-3.

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