LES NOTAIRES, LETTRES PRISES A LA DICTÉE
le traduisant à 1 audition, la troisième en écrivant sous cette dictée b Il arrivait rarement qu’une traduction fut faite dans un scriptorium et une dictée de cette sorte, si elle a eu lieu, est, sans doute, tout à fait exceptionnelle. Il est vraisemblable d’ailleurs qu’un travail de ce genre était accompli non pas dans le local où les scribes écrivent en silence, mais dans une autre partie du cloître.
C’est ainsi, sans doute, qu’il était procédé, chaque fois qu’un texte devait être pris à la dictée. L’évêque, l’abbé, qui dictait des lettres, le clerc ou moine lettré qui composait un ouvrage, pouvait bien requérir l’aide d’un ou de plusieurs scribes de l’équipe ; mais en ce cas, il l’appelait pour la dictée, chez lui, dans la domus episcopi, la cella abbatis, ou à l’intérieur du cloître, en quelque lieu retiré. Le travail de mise au net se faisait au scriptorium.
L’équipe d’un scriptorium ecclésiastique ou monastique, quand il est parfaitement organisé, comprend nécessairement un ou plusieurs notarii, capables de prendre un texte à la dictée, souvent, sans doute, en notes tironiennes 1 2. Des notaires sont ainsi requis pour l’expédition des lettres. Alcuin écrit à Arn, qu’aussitôt après avoir reçu sa missive, il a appelé un notaire (accito notario), pour lui dicter quelques lignes 3. Dans une lettre adressée à Charlemagne, il fait toute réserve sur les changements de lettres, syllabes ou mots que la main du notaire a pu introduire dans le texte d’une lettre antérieure ; l’erreur du « scribens » ne doit pas être imputée au « dictans » 4. Illustrant un exemplaire des lettres de saint Grégoire, un miniaturiste trévirois, de la fin du Xe siècle, place, à côté du pape assis, un moine debout, qui tient d’une main des tablettes portant des notes tironiennes et de l’autre