COPISTES QUI SE SUCCÈDENT DANS L’EXÉCUTION
la fin üu VIIIe ou au commencement du IXe siècle a été relayé par deux scribes qui jusqu'à huit fois ont écrit soit quelques lignes seulement, soit une ou deux pages, mais en commençant et en interrompant le travail au cours de la page h On a vu que dans plusieurs manuscrits de Saint-Gall, la main d’Hartmut alterne dans un même cahier avec celle des scribes qui travaillent sous sa direction 1 2. Le manuscrit de Saint-Vaast, du XIe siècle, où il est noté que tel s’arrête, que tel autre commence, que tel reprend le travail, n’a évidemment pas été exécuté suivant un programme fixe, assignant d’avance, à chacun, une part simultanément écrite par tous. Le moine Albert, à qui sont dues les premières pages, s’est remis à l’œuvre plus tard et a finalement passé la plume à d’autres. Richuinus est intervenu par deux fois. Wibertus a exécuté d’abord un cahier et plus tard deux autres. Quelques-uns de ses confrères ont écrit strictement, comme lui, un ou plusieurs cahiers entiers. Albéric n’a exécuté que le quatrième cahier et Wibertus le sixième, Gautier s’est chargé, sans plus, des onzième et douzième cahiers, Lantbertus, qui prend la suite, des quatre derniers cahiers et des trois folios, qui complètent le manuscrit. Mais, Richuinus commence au verso du premier folio du deuxième cahier, qu’il se contente d’abord d’achever et, en se remettant plus loin au travail, n’a exécuté que deux folios du septième. Albert, qui a écrit le premier cahier plus le recto du premier feuillet du deuxième, reprend le travail au dernier feuillet du troisième cahier et l’arrête à la fin du quatrième. Enfin, un changement de mains très apparent se produit au recto du folio 21 ; à partir de la cinquième ligne, l’écriture est différente et sensiblement plus grande. D’ailleurs, le chef d’atelier a pris soin de marquer, en marge cette fois, en cours de page, la place exacte, où Itesboldus a abandonné (Itesboldus dimisit), où Walbert a commencé (Vualbertus incipit) 3. Au total, la plume a changé quatorze fois de mains, et pas seulement à la fin d’un cahier, au cours de l’exécution par neuf scribes. D’un cahier à l’autre, le texte suit régulièrement, sans qu’on trouve, à la fin du précédent, des blancs, des lignes serrées ou desserrées, en vue d’atteindre un terme prescrit. Les exécutants
1. B. Bruxelles, 10127-10144 ; ef. Hesbert, Antiph. miss, sextuplex, p. XVII. La PL IV montre la substitution d’une écriture à l’autre à la 4e ligne du verso du f° 93.