LONGUE DURÉE D’EXÉCUTION
jour h La traduction d’Euclide par Boëce a été copiée, en 1004, par l’écolâtre de Luxeuil en onze jours 1 2. Un manuscrit aujourd’hui perdu de la traduction des psaumes par Notker avait été exécuté en quatorze jours 3. En 806, à Saint-Arnaud, Agambert a commencé la transcription du Commentaire de saint Jérôme sur Jérémie le. Ier juillet et l’a terminée le 4 août 4. Tant d’application et de rapidité devaient être le fait d’un petit nombre.
Il semble qu’en général, pour l’exécution d’un manuscrit de dimension moyenne, un seul scribe ait eu besoin au moins de trois ou quatre mois. Un recueil de canons du VIIIe ou IXe siècle, qui a dû comprendre 130 feuillets, a été commencé le Ier avril et achevé le 13 septembre, ayant demandé, observe le scribe, 146 jours et 24 semaines de travail, évidemment en défalquant les dimanches et fêtes 5. Le diacre Eriulphus a commencé l’exécution d’un manuscrit le premier vendredi de l’année 911 ; il l’a terminé le 25 mars 6. Un manuscrit qui est d’une seule main et comporte 304 feuillets a été commencé, aii cours d’une campagne contre les Huns, le 2 juin 819 et terminé au monastère de saint Florianus, le 12 septembre de la même année 7. Au XIe siècle, Lantbertus, sur l’ordre de l’abbé de Saint-Maur, a consacré à. l’exécution d’un traité de saint Augustin les trois derniers mois de l’année, non sans souffrir beaucoup du froid au cours du labeur auquel il s’est appliqué 8.
Mais souvent, sans doute, le travail coupé par les exercices de la. règle durait plus longtemps encore. Un Sacramentaire de Reims, aujourd’hui perdu, a été écrit du 22 mars 798 au 23 juillet 800 9. Un livre de luxe demande plusieurs années de travail. La Bible de Stavelot a coûté à Godéran quatre années de labeur 10.