TYPES DIVERS D’ÉCRITURE PRÉCAROLINE
•onciale et l’a ouvert ; elle est dite écriture, e n ou e n a de Corbie 1. Une seconde étape est représentée entre autres par l’exemplaire de saint Ambroise, exécuté à. Corbie au milieu du VIIIe siècle, sous l’abbatiat de Leutcharius (c. 765) ; l’écriture en est caractérisée par l’aspect semi-oncial, qu’elle présente, par l’n oncial, et l’y de l’écriture insulaire 2. Enfin les manuscrits de la Bible, exécutée sur l’ordre de l’abbé de Corbie, Maurdramne (772-80) représentent, avec un certain nombre d’autres 3, une écriture régulière avec un nombre réduit d’abréviations, laquelle a déjà les caractères de la minuscule Caroline, mais qui se distingue encore par l’y insulaire, la longue queue des f et des s, ainsi que l’n oncial des écritures précédentes.
Dans le même temps, dernières années du VIIIe siècle et premières du IXe siècle, d’autres types d’écriture pré-caroline apparaissent dans d’autres scriptoria. Vraisemblablement, l’étude des écritures pratiquées à cette même époque à Fleury, Saint-Denis, Reims 4, Cambrai 5 6, etc., révélerait des traits propres à ces ateliers. Le scriptorium de Lyon à la fin du VIIIe et au IXe siècle a certainement les siens L On
1. Lauer, p. 431 ; Liebaert, p. 62 ; Dobiash, Hist. atelier Corbie, p. 50. Liebaert signalait le ms. 13349 de la B. N. (PI. II), ainsi que les mss. 13347-8, 4403, 13028, Amiens 220, Leningrad O v I, 4 (Dobiash, n° 13, p. 134). Bien que ce type d’écriture représente le premier stade de l’écriture corbéienne, Liebaert le retrouvait encore dans une addition interlinéaire de l’un des volumes (ms. 6, f° 114) de la Bible de Maurdramne (772-80) et dans le ms. de la B. N. lat 13373 d’Alcuin, qui a dû ■être exécuté entre 817 et 835. D’après Me Dobiash (n. 9, p. 128), l’Évangile de s. Mathieu (Leningrad O v 13) présente des traits précurseurs du type e n a et aussi du type a b.
2. Lauer, p.' 432 ; Liebaert, p. 63 ; Dobiash, p. 56-9. Du ms. de s. Ambroise écrit par Ingreus sur l’ordre de l’abbé Leutcharius (Leningrad F v I 6, Dobiash, n° 16, p. 139) peuvent être rapprochés le ms. F 1, 5 et le ms. de Berlin, lat. P 354.'
3. Lauer, p. 435 ; Liebaert, 64-5. Aux mss. de la Bible de Maurdramne (Amiens 6, 7, 9, n, 12) s’ajoutent les mss. de Leningrad F v I, 5 (Psautier triple de saint Jérôme) ; F v 1 10 (Vigile de Thapse) ; F v I 12 n I (Vie s. Fulgence) ; n. IV (Passion de s. Denis) ; F v I, 13 (Pseudo Cyrille-Origène) ; Qv I, 16 (Liber comitis) ; cf. Dobiash, n° 18-22, p. 142-7, et les mss. d’Amiens, 18, 87-8, 172, 220, 426 ; de Paris B. N. lat. 12.260, 13373, 13527, i8373-
4. Cf. Lindsay, qui regrette que ces scriptoria « carent vate sacro » (The early Lorsch script., p. 6). Mrs Rand et Jones notent (The earliest book of Tours, p. VII) que M. F. M. Carey prépare une étude sur ces trois scriptoria. Rous n’avons pas pu consulter l'article publié par celui-ci De scriptorio Floriacensi, dans Harvard Siudies in Classical Philology, XXXIV, 1923.
5. ' Mrs Rand et Jones écrivent (op. cit., p. 92) : « The school of Cambrai deserves further study ».
6. Tafel n’a pas eu le temps de les déterminer. Les notes laissées par lui (The Lyons scriptorium, Palaeogr. lat., t. IV, 70) n’enregistraient que des résultats négatifs. Le travail n’a été fait par M. Lowe (Codices Lugdun. antiquiss.) que pour les mss. antérieurs à l’époque carolingienne. Dom Wilmart (Fragm. carol., dans R. Béned., 1931, p. 106) estime qu’il y a bien une écriture lyonnaise.