‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 556 sur 1207 · LA MINUSCULE CAROLINE A TOURS · texte numérisé non relu

LA MINUSCULE CAROLINE A TOURS

a pu aussi déterminer les caractères de l’écriture pratiquée à Cologne au temps d’Hildebald \ de l’écriture rhétiqne en usage à Coire, Constance, Saint-Gall, Reichenau, Murbach 2, des écritures propres aux églises de Vérone au temps de l’archidiacre Pacifiais3 4 et de Lucques au VIIIe siècle 1, ainsi qu’au monastère de Lorsch au temps d’Adalung 5, enfin et surtout de la calligraphie tourangelle du commencement du IXe siècle.

Dans l’écriture du texte courant, telle qu’elle est pratiquée à Tours dès le temps d’Alcuin et dans les premières années de l’abbatiat de Frédégise, on a pu discerner deux étapes désignées sous les termes, l’une de cursive améliorée, l’autre de minuscule mérovingienne embellie 6. Elles contiennent encore, l’une et l’autre, la tradition de l’ancienne écriture ; elles en gardent un certain nombre de ligatures ; quoique plus régulières, elles se distinguent encore nettement de 1 écriture moulée de forme impeccable qui prévaudra par la suite dans les manuscrits tourangeaux. Elles sont contemporaines du premier style ornemental de Tours et comme lui subissent l’influence insulaire.

Vers la fin de l’abbatiat de Frédégise, la minuscule tourangelle rompt toute attache avec les vieilles écritures. En même temps qu’un nouveau style prévaut dans l’ornementation, le texte courant présente cette écriture à la fois droite, arrondie et uniforme, l’écriture tourangelle, régulière, puis parfaite qui est le type classique de la minuscule Caroline 7.

L’école calligraphique de Tours a une autre note caracté-

1. Jones, The Script of Cologne front Hüdebald to Hermann ; voir aussi L incisa y > The early Lorsch script., Palaeogr. lat.} III, 4.

2. Loffler, Die Sanct Galler Sckreibschulc, dans Palaeogr. lat., VI, p. 10; et Zur Frage einer Constanzer Schreibschule, V, p. 17.

3. Cf. Teresa Venturini, Ricerche palcographiche intorno ail Arcidiëeono Pacificodi Verona et Peeters, La question des origines de la min. carol., p. 1300-1304.

4. Cf. Schiaparelli, Il codice 490 délia bibl. di Lucca, p. 75 et suiv.. et Boliard. La question des origines de la min. carol., p. 76-7.

Page 1