ÉCOLES D’ORLÉANS, DE TOURS
les Évangiles de Lorsch 1, celui de l’Arsenal 2 et un autre exemplaire des Évangiles conservé au British Muséum 3.
A la différence de cette école dont il n’est pas possible de localiser les foyers, les écoles d’Orléans et de Tours ont, l’une et l’autre, un centre déterminé. Elles ont apparu en même temps, un peu plus tard que la précédente, dans le premier quart du IXe siècle. Dans l’Orléanais, l’art décoratif, sobre et gracieux, créé par Théodulfe, lui est en quelque sorte personnel et, semble-t-il, ne lui a pas survécu 4. Il n’en reste d’ailleurs qu’un petit nombre de témoins ; il n’est pas probable que l'école ait eu un rendement important et qu’elle ait exercé rayonnement autour d’elle.
Il en est autrement de l’école de Tours, dont la fortune a dépassé celle de toutes les autres. S’inspirant surtout à l’origine de l’art insulaire, puis de l’art antique, les enlumineurs tourangeaux par leur originalité, leur élégance et leur sûreté de main ont acquis une maîtrise, reconnue partout. Toutes les écoles artistiques écloses postérieurement ailleurs, leur sont redevables. Les peintures de la Touraine ont eu successivement deux manières dont la seconde constitue à la vérité une école nouvelle, qui a rompu à peu près toute attache avec la précédente. Les caractères de l’un et l’autre style tourangeau 5 6, ainsi que de l’école orléanaise ont été déterminés déjà dans l’étude consacrée aux ateliers de Tours et d’Orléans.
L’école franco-saxonne a été ainsi nommée en raison de l’influence prédominante qu’ont exercée sur elle les manus- -crits illustrés anglo-saxons et irlandais fi, bien qu’elle doive
1. Le ms. est actuellement partagé entre le Bathvaneum de Karlsbourg (Gyula- Fehervar) en Roumanie (Math et Marc) et la B. du Vatican, Pal. 50 (Luc, Jean et le « Come= »). Les deux tables d’ivoire qui en formaient la reliure sont l’une au Vatican, l’ail re au musée de South Kensington. Le catal. delà B. de Lorsch du IXe siècle •signale un « Evangelium pietum cum auro scriptum habens tabulas ebuirneas » ■(Becker, 37, p. 82) ; il e t par conséquent vraisemblable, que le ms. était alors déjà à Lorsch. Il a dû être prêté à Reichenau dans la seconde moitié du IXe siècle, car ses miniatures ont été copiées dans un Lectionnaire enluminé à Reichenau pour Géréon, archevêque de Cologne (cf. R. Szentivanyi, De y codex aureits von Lorsch, et Morey, p. 16).