FOYERS DU STYLE FRANCO-SAXON
un recueil de canons \ un manuscrit de saint Ambroise 2.
La région où le style est né et s’est développé peut être facilement déterminée ; mais il est moins aisé de reconnaître 1 atelier ou les ateliers qui ont exécuté les manuscrits de ce type, bien qu’ils soient souvent d’une facture tellement semblable qu’un certain nombre semblent sortir des mêmes mains3.
Nous connaissons en général leur provenance, entendue au sens de l’établissement qui en a été le premier propriétaire ou les a possédés de très bonne heure. La provenance du plus grand nombre invite déjà à chercher l’atelier, ou les ateliers qui Jes ont produits, dans le Nord de la France 4, région voisine du détroit et parcourue sans cesse par les immigrants insulaires. Toutefois, les manuscrits de l’école francosaxonne se sont dispersés bien au-delà de la région qui a été le berceau de cet art 5. La présence de chacun d’eux clans une ancienne bibliothèque ne prouve aucunement qu’ils ont été exécutés dans le scriptorium de l’établissement propriétaire 6.
Il est toutefois probable que l’Évangéliaire de Saint-Vaast d’Arras, certainement exécuté à l’usage de ce monastère,, le Sacramentaire de Cambrai qui fait place, comme cet Évangeliaire, à des fêtes particulières à la communauté de Saint- Vaast et qui sont l’un et l’autre de style franco-saxon, comme l’exemplaire des Évangiles qui a appartenu à Saint-Vaast, sont sortis du scriptorium de ce monastère.
précédemment de Noyon (B. Reims, ms. 213; Delisle, 21, p. 116 ; Leroquais, 8, p. 21 et PL XI et XII) ;.de Haarlem (Delisle, L’Évangél. de S. Vaast, 17, p. 15) ; de S. Père (B. Chartres, ms. 4, Delisle, Ane. sacrant., p. 60) ; fragment de Sacramentaire de I.iège (B. Vienne 958, Ane. sacrant., 19, p. 105-6). Certains caractères de l’art franco-saxon se retrouvent encore dans le Sacramentaire ce Nevers du XIe siècle (B. N. 17333, Delisle, p. 60).
1. B. Laon, ms. 199 : Delisle 18, p. 15 ; Fleury, Mss. à miniat. de la B. de Laon , p. 30.
2. B. Laon, ms. 107 ; Delisle 19, p. 16 ; Fleury, p. 33 et PI. 3 ter.
3. Delisle (L’Évang. de S. Vaast, p. 13) observe que la page initiale de saint Mathieu est identique dans les Évangiles de Cambrai, ceux de Lyon, ceux de François II et dans les Évangiles de Leyde.
4. Parmi les premiers propriétaires, nous trouvons S. Vaast d’Arras, S. Amand,
S. Libuin, Soignies, Stavelot, S. Denis, les églises de Liège, Cambrai, Tournai, Noyon, Laon.