‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 582 sur 1207 · CHARLEMAGNE ORDONNE DE CORRIGER LES LIVRES · texte numérisé non relu

CHARLEMAGNE ORDONNE DE CORRIGER LES LIVRES

Un tel souci de la correction des textes n’existait plus à la fin de l’époque mérovingienne. Au VIIIe siècle encore, des livres ont été exécutés, qui sont restés émaillés de fautes, lesquelles ne portent trace d’aucune correction \ Une telle négligence devient plus rare au temps de la Renaissance Caroline et le même zèle est déployé pour la correction, comme pour l’exécution des livres.

L’ordre de corriger les livres est venu du palais. Charlemagne, à la vérité, ne commande, en 789, de purifier que les « libri catholici » ; ce sont les livres de la Bible maltraités par 1 impéritie des « librarii » qu’il veut faire attentivement corriger 2. Mais des Saints Livres, le souci d’obtenir un texte correct s’est étendu à tous les ouvrages d’objet sacré ou profane 3.

au XIe siècle : « Julius Celsus v. c. legi coimnentarios Cesaris » (Londres B. Mus.. Addit. 10084, cl. Châtelain, p. 30, PI. 50 A). Le ms. lat. 5724 de la 1* déode de Tite Lire, exécuté au IXe siècle et en provenance de Corbie porte en capitale à l'encre rouge mention de la recension faite par Victorianus de la révision antérieure des Symmaque : « Victorianus emendabam dominis Symmaquis ■> (Châtelain,

II, 5, PL 107). On la retrouve également par deux fois dans le 111s. lat. 5725 de la fin du IXe s. et, l’une des fois, avec la mention de la recension faite par Nicomaque v. c. (op. cil., Pl. 108), dans le ms. de Florence du Xe s. (II, 6, PL no) avec la mention v. c. Le même ms. a conservé les souscriptions des deux Nicomaque parents de Symmaque, qui avaient antérieurement corrigé (emendavi) le texte révisé de nom-eau par Victorianus. Le Valère Maxime du IXe siècle (B. Berne, 366), corrigé par Loup de Ferrières, a conservé cette souscription : « F'eliciter emencavi, Descriptum Rabennae, Rusticius Helpidius Dommulus v. c. » (ci. Châtelain. II, 24, PL 181). Un ms. de Pline l’ancien d’écriture anglo-saxonne du IX1' siècle, ayant appartenu à S. Denis, a conservé l’inscription « Féliciter Junius Laurentius relegi» (Châtelain, II, 13, Pl. 138). Plusietirsmss.de Perse reproduisent la mention de la recension faite, en 402, par le vir clariss. Fl. Julius Tryfonianus, quia tenté d’amender le texte «sine autigrapho », à Barcelone (Rome Arch. S. Pierre Fl, '36, IXe s.), qui a lu et amendé « prout potui sine magistro» (B. Médecine Montpellier, 212, IX-Xe s.) ; cf. Châtelain II, 9, Pl. 121-2. Des mss. de Juvénal reproduisent la mention des recensions faites par Niceus, avec l’aide de son maître, le grammairien Servius (legi ego Niceus Rome apud Servium magistrum et emendavi, B. Univ. Leyde, Leid. 82. XIe s. et B. Laurent . XXXIV 42), et par un grammairien grec Epicarpe (B. N. lat. 9345) ; cf. Châtelain, II, 12, Pl. 124-5. Le ms. de Cologne 186 de l’Arithmétique de Boëce porte la mention « correctum est domino suo patrii io Svmmacho» (Jaffé Watt., p. 77). Le ms. de Boëce (B. Orléans 267 + B. X. nouv. acq. lat. 1611) conserve les notes de révision de Martius Nnvatus Renatus, v. c. ; cf. plus loin, B. de Fleury. Un ms. de Solin du XIe siècle (B. Sém. Autun, 39) reproduit la note « ab ipso (Solin) editus et recognitus » ( Catal . B. dépts , in-40, I, 22). Toutes les souscriptions antiques des classiques latins ont été étudiées par Jahn dans les Berichtc d. saechs. Gesellschaft zu Leipzig, III, 1851, p. 332.

1. C’est le cas d’un ms. du VIIIe s. 'de la B. de la cath. de Cologne 91, Jaffé, Watt., p. 35; du ms. des « Moralia » de saint Grégoire, écrit par Peregrinus à Freisingen vers 780 (Munich, 6297 ; cf. Lindsay, Collect. dans Palacogr. lat., II, 14).

2. Capit. 789, 72 « libros catholicos bene emendate » p. 63 ; Epist. gener. : « libres (de la Bible) librariorum imperitia depravatos... examussim correximus » (p. 80).

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