‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 581 sur 1207 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Les compléments d'exécution, Révision, correction, annotation

§ i. — Par qui et quand est faite la révision

L’exécution des livres au jugement de tous ceux qui à cette époque les aiment et les apprécient, comporte un indispensable complément, qui consiste à en faire la soigneuse révision et correction.

Ce soin avait été jadis très en honneur. Aux Ve et VIe siècles, la révision des textes, notamment de ceux des auteurs classiques, fut faite à plusieurs reprises par des éditeurs, parfois grands personnages, qui s’efforçaient d’établir un « textus receptus » de bon aloi. Non seulement des manuscrits anciens conservés gardent la mention de cette révision 1, mais les scribes qui, aux VIIIe et IXe siècles et plus tard encore, transcrivaient d’antiques manuscrits aujourd’hui perdus, l’ont copiée, comme si elle faisait partie du texte à reproduire 2.

1. Le ms. de la 3e décade de Tite Live provenant de Corbie en onciale du Ve siècle (B. N. lat. 5730) porte aux fos 22, 176, 225 « Recognobi Abellini », au f° 77 «recognobi ùos », au f° 127 «recognobi ùobis » (Châtelain, Paléogr. class., II, 7, PI. 11 6). Abellini est sans doute Avellino, près de Noie, où travaillait le reviseur. Au sentiment de Châtelain, « ùos », « ùobis », lus souvent « ubi supra » ou « vobis » cacheraient le nom d’une autre localité, patrie du correcteur.

2. C’est le cas du ms. du Vatican du IXe siècle 4929 qui, suivant L. Delisle ( B ■ Ec. Chartes, 1876, p. 488), a appartenu à une église de l’Orléanais. On y lit au f° 148: « C. Titi Probi finit epitoma historié arum... Féliciter emendavi. Descriptum Rabennae. Rusticius Helpidius Domnulus, v. c. » et au f° 168 : « Pomponii Melae de chorographia libri très expliciti. Féliciter. El. Rusticius Helpidius Domnulus v. c. et spc. com. consister, emendavi Rabennae » (Delisle, p. 486). Le scribe qui a exécuté ce ms., au IXe siècle, avait sous les yeux un ms. italien fort ancien, qui avait été corrigé à Ravenne par le vir consularis mentionné et il a reproduit la souscription du correcteur. Le ms. de César du IXe s., provenant de Fleury (B. N. 5763), porte les attestations de plusieurs corrections d’âge divers, mais toujours antérieur au IXe s. et que le scribe a reproduites. L’une des révisions (Julius Celsus Constantinus v. c. legi) date sans doute de la fin de l’empire. Une autre (Flavius Licerius Firminus Lupicinus legi) serait du VP siècle (Châtelain, Paléogr. des class., p. 13). La première de ces notes du reviseur se retrouve sur un autre ms. de César exécuté

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