‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 606 sur 1207 · ANNOTATIONS, FALSIFICATIONS, GRATTAGES · texte numérisé non relu

ANNOTATIONS, FALSIFICATIONS, GRATTAGES

XIe siècle, un manuscrit de saint Augustin exécuté au IXe siècle, écrit que n’ayant pas d’autre exemplaire à consulter, il a corrigé de son seul chef, comme il l’a pu, les fautes certaines ; quand il ne l’a pas pu, il a signalé le passage par la lettre R. 1. Les lecteurs apposent aussi une cryphia, c’est-àdire suivant la définition de saint Isidore dans ses Etymologies, un demi cercle avec un point, là où une difficulté ne peut être résolue 2 Parfois aussi, on inscrit la note « corrige » ou « quaere » 3.

Le lecteur annote aussi parfois le manuscrit, avec d’autres préoccupations que celles d’un correcteur. Dans le « De Oratore » qu’il a lui-même copié et dans d’autres manuscrits dont il a fait la révision, le Valére Maxime et l’Aulu Gelle, Loup de Ferrières écrit en marge les mots du texte qui attirent son attention, soit qu’ils réclament des recherches d’ordre grammatical, soit qu’ils donnent lieu à des remarques d’ordre littéraire 4.

Des corrections sont apportées aussi qui constituent, non pas un amendement du texte, mais une falsification. Hincmar craint qu’un envieux n’efface de l’un de ses écrits des expressions justes, pour en écrire au-dessus de détestables 5. Parfois aussi, un lecteur, peu satisfait de la pensée de l’auteur, exercera sur le livre sa censure en grattant à la pointe les passages qui lui déplaisent 6. Mais de tels procédés ne relèvent pas du souci pris par un chef d’atelier de rendre correcte la transcription d’un livre.

Lin Paléogr. class., II, 5, PI. 108. A son sens, res notes marginales existaient peut-être dans l’exemplaire plus ancien que reproduit ce ms. Voir aussi le ms. de Valc're Maxime, B. Berne, ms. 366, IXe siècle, dont les corrections sont de Loup; Chatelam II, 24, PI. 181. On a vu, plus haut, p. 370, que les signes Q et R apparaissent aussi dans les signatures apposées sur les cahiers en vue de l’assemblage ; mais er. ce cas, ils signifient non pas « quaere, require », mais ,« quaesitum, requisitum » et attestent que la vérification a été faite. Dans un ms. du VIIIe siècle de S. Père de Chartres, le correcteur écrit en marge lip = hic pone (B. Chartres, ms. 40, Cotai. B. dépts , XI, 20).

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