‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 62 sur 1207 · ANCIENS MANUSCRITS TARDIVEMENT ACQUIS · texte numérisé non relu

ANCIENS MANUSCRITS TARDIVEMENT ACQUIS

du VIIIe siècle à des églises des Gaules, il apparaîtra que les bibliothèques ecclésiastiques ont conservé un nombre considérable de livres antérieurs à l’époque carolingienne. Ceux qui subsistent ne représentent vraisemblablement qu’une part de ceux dont elles étaient pourvues au commencement du VIIIe siècle ; une autre part a sans doute péri depuis lors. Même si une église a acquis plus tard tels de ces très anciens manuscrits, il est probable qu’à peu d’exceptions près, ils appartenaient déjà au VIIIe siècle à une autre église des Gaules. Ceux qui provenant d’Italie 1, d’Espagne ou des Iles 2 ont pu n’entrer en possession de ces églises qu’aux VIIIe ou IXe siècles, s’ils ne peuvent être mis au compte des livres dont les églises franques étaient pourvues avant la renaissance carolingienne, appartiennent au contingent considérable venu des pays étrangers qui ont collaboré à ce mouvement.

1. Parmi les mss. anciens possédés parle monastère de Corbie, plusieurs viennent certainement d’Italie et vraisemblablement en ont été apportés au cours du VIIIe siècle. C’est le cas du ms. Leningrad, Q v. I, 3, renfermant des opuscules de saint Augustin en onciale du Ve siècle (plus haut, p. 38, n. 10) qu’on a cru sur la foi d’une souscription prétendue autographe d’Augustin lui-même, provenir d’Afrique, mais qui paraît plutôt, en raison des gloses grecques et latines, avoir été exécuté en Italie. Il a peut-être appartenu à la bibliothèque de Vivarium et n’aurait été transporté en Gaule qu’à l’époque carolingienne (cf. Dobiash, Hist. atelier Corbie, p. 111-2). Ce serait aussi le cas de la version antéhiéronim. des Évangiles. B. N. lat. 1725, citée p. 38, n. 4, (cf. Dobiash, p. 51) et du recueil de canons (B. N. lat. 12097, Dobiash, p. 52). De même, le ms.Q v. I, 6-10 (plus haut p. 38 n. 9) a dû être exécuté en Italie au VIe siècle. Il aurait appartenu aussi à la bibliothèque de Vivarium, renfermerait peut-être un autogr#f>he de Cassiodore et au VIIIe siècle serait parvenu à Corbie où ont dû être écrites des gloses de cet âge en précaroline (Dobiash, op. cit., p. 114 et Spéculum, 1930, p: 34). Le « codex Puteanus » de Tite Live (B. N. lat. 5730 plus haut, p. 38, n. 6) vient certainement d’Italie, comme le montre la mention « Abellini » qui suit trois fois la mention « recognobi », apposée neuf fois dans le ms. Delisle, qui avait cru d’abord y reconnaître le nom du scribe (B. Ec. Chartes, 1860, p. 403-4), a pensé ensuite que le terme désignait le lieu où a été. faite la collation ( Cab . des mss., II, 135), qui paraît être Avellino, et en tout cas se rapporte à une localité d’Italie. Toutefois le ms. appartenait déjà à Corbie quand il fut emprunté au VIIIe siècle par les scribes de Saint-Martin de Tours, qui l’ont copié à cette époque. Le « De civitate Dei » en semi onciale (Leningrad, Q v. I, 4, et B. N. lat. 12214) se trouvait à Corbie dès le VIe siècle, comme l’atteste une souscription du f° 1 du ms. de Paris (Dobiash, p. 137).

2. Le ms. en onciale de Corbie, Job et gloses, (Leningrad F v. I, 3 A) de la fin du VIIe ou du VIIIe siècle, ou bien vient d’Angleterre, ou bien a été exécuté à Corbie par un scribe anglo-saxon (Dobiash, p. 121).

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