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5. Cf. de Bruyne, Une lettre inédite de Ponce vers l'an 1015, dans N. Archiv., 1928, p. 245-6. Ponce a envoyé ces cahiers à l’insu de Salomon, probablement bibliothécaire du monastère.
6. « Tulliana Tusculana rogo nostris exscribenda confer armariis. Nos item vobis benigne prestabimus si qua desideranda vobis habemus » (Feuillet détaché d’une reliure de la B. de Munich, publié par Wattenbach, N. Archiv, I, 172).
434 PROVENANCE DES TEXTES REPRODUITS DANS LES « SCRiPTORIA »
Augustin sur l’accord des Évangiles, a été copié sur le manuscrit en onciale du VIe siècle de l’église de Lyon L La copie a été faite soit à Lyon pour être envoyée à Cluny, soit au scriptorium de ce monastère, grâce à la communication de l’archétype lyonnais.
Les renseignements si abondants que nous possédons au sujet du prêt de manuscrits consenti en vue d’une transcription, montrent à la fois comment se constituaient et s’accroissaient les collections de livres des églises et comment étaient alimentés leurs scriptoria. Un mutuel et perpétuel échange de livres destinés à être reproduits se poursuit d’une église à l’autre. Quand un ouvrage n’est pas en la possession d’une église et qu’elle peut en obtenir le prêt, ses scribes sont mis au travail afin de le transcrire, souvent « quam celerrime ». C’est pour une très large part du dehors qu’un scriptorium reçoit les tâches que le chef distribuera entre ses scribes.
Ce n’est d’ailleurs pas exclusivement du dehors que proviennent les textes à reproduire ; pour les scriptoria dont le rendement est le plus considérable , comme celui de Saint - Martin de Tours, la plus large part des manuscrits qui servent de modèles, ne sont certainement pas empruntés. Les scriptoria s’alimentent aussi et même surtout sur le propre fonds des églises auxquelles ils appartiennent.
C’est d’abord le cas des productions originales qui sortent de la plume ou du cerveau du prélat et des membres d’une communauté studieuse. Tantôt le manuscrit autographe de l’auteur sera reproduit par les scribes de l’établissement. Tantôt les notaires ont pris à la dictée la composition, à mesure qu’elle se poursuivait ; ou bien l’auteur a jeté lui-même sur ses tablettes des notes qui, comme celles des notarii, seront mises au net sur le parchemin par les artisans du scriptorium.
Les ateliers ecclésiastiques et monastiques exécutaient aussi des transcriptions d’anciens ouvrages, sans utiliser des manuscrits venus du dehors et trouvaient dans la bibliothèque même de l’établissement les ressources nécessaires à l’exécution de copies nouvelles. Les propres livres d’une église alimentent son scriptorium, soit en vue des besoins mêmes de cette église, soit à l’effet de répandre au loin les fruits de son activité, parfois de sa maîtrise dans l’art de la calligraphie et de l’enluminure, ou simplement des reproductions des ouvrages qu’elle possède et dont une copie est demandée par d’autres églises qui n’en sont pas pourvues.
i. Delisle, lurent, des mss. de la B. N., fonds de Cluni, n° 23, nouv. acq. lat. 1442 et Not. et Exlr. de mss., XXIX, P. 2, 372-3.