LES LIVRES DE CHARLES LE CHAUVE
qui dispose d’une telle abondance de livres (apud quem librorum maxima copia est)1. A la vérité, il peut s’agir d’une collection propre à Hilduin ou des livres qu’il consulte dans son abbaye de Saint-Denis ; mais il semble bien que c’est le palais de Louis le Pieux qui, en 834, date où Raban Maur écrit, renferme un tel nombre de livres.
Les fils de Louis le Pieux sont des rois « philosophes » 2. Charles le Chauve s’intéresse aux Arts Libéraux, à la Théologie ; c’est un bibliophile. Florus avait composé pour son éducation, à la demande de Judith, une histoire depuis la naissance du Christ jusqu’à la ruine de l’empire d’Occident. A son intention a été exécutée à Tours l’Arithmétique illustrée de Boëce ; un traité de géographie paraît lui avoir été dédié 3
Un grand nombre d’ouvrages doctrinaux composés en son temps lui ont été dédiés et envoyés ; ils figuraient nécessairement dans sa bibliothèque. Paschase Radbert lui adresse non pas comme d’autres des présents en un métal méprisable (ignavi ponderis munus), mais un petit livre « De sacramentis sacrae communionis » et il exprime le vœu que le « codex » soit examiné et approuvé par lui. Ratramme fait parvenir au roi son « De praedestinatione », pour qu’il en soit le « probator et judex », puis un second ouvrage sur le même sujet, ainsi que son traité « De corpore et sanguine Domini » et probablement son opuscule sur la nature de l’âme4. Jean Scot lui adresse la traduction de Denys l’Aréopagite qu’il a entreprise sur son ordre. Le roi ayant perdu le « libellus » sur la conversion de Marie Égyptienne, ainsi qu'un « thomulus de... pœnitentia », Jean Diacre lui en expédie un autre exemplaire 5. Hincmar adresse aussi ses traités de la Prédestination au roi Charles. Il lui dédie son « Ferculum Salomonis », son « De regis persona », son « De cavendis vitiis », son « De diversa animi ratione », ses « Expositiones pro ecclesiae defensione » 6. Héric lui a fait dédicace de la vie de saint Germain en vers 7. Jonas d’Orléans a offert à Charles son traité sur le culte des images que Louis le