Plus haut, p
LES l IVRES DE LOUIS LE GERMANIQUE
Pieux lui avait commandé d’écrire l. Hucbald a dédié au roi le « De sobrietate » de Milon, que l’auteur n'avait pu lui présenter lui-même avant de mourir 2.
Nous ne connaissons pas moins de trois Bibles, décorées chacune dans un style différent, qui figuraient parmi ses livres personnels. Son Psautier, son exemplaire des Évangiles, son Livre d’heures subsistent. Il a vraisemblablement donné un Sacramentaire de luxe à l’église de Metz et le Sacramentaire de Nonantola provient sans doute aussi de sa chapelle. Saint-Denis lui doit les Évangiles exécutés pour lui, peut-être à Saint-Denis même ; Saint-Corneille de Compiègne, un Livre de prières, des Évangiles et peut-être un Sacramentaire et un Évangéliaire, tous richement reliés 3.
L’un de ses ministérielles prenait soin de sa bibliothèque. En 874, Hilduin, abbé de Sithiu, occupait à son palais la charge de librarius 4. Le roi en 877, commandait à ses « eleemosynarii » de partager ses livres entre son fils, les monastères de Compiègne et de Saint-Denis 5. C’est évidemment de sa succession que proviennent les livres de luxe que possédaient les trésors de Saint-Corneille et de Saint-Denis. Les comtes Bernard et Adelelme qu’il désignait parmi ses exécuteurs testamentaires et qui ont donné des livres à la cathédrale de Laon, n’ont-ils pas détourné vers elle quelques uns de ceux qui figuraient dans la succession royale 6.
Raban Maur a offert à Louis le Germanique son Commentaire des Paralipoménes, le premier livre de son Commentaire des Macchabées, dont le second livre est dédié à Géroldus, archidiacre du sacré palais. Le roi ayant entendu dire que Raban avait composé un traité sur le sens propre et mystique des mots (de sermonum proprietate et mystica eorum significatione), l’abbé lui envoie son opuscule en vingt livres «De universo». A sa prière, il a composé et il lui adresse son Commentaire sur les Cantiques chantés à l’Office des Laudes 7. A Pépin d’Aquitaine, Jonas d’Orléans a dédié le modeste présent du « De institutione regia » 8.
r. Migne, CVI, col. 307.