LIVRES VENUS DU DEHORS
deux manuscrits exécutés à Saint-Amand, un distique signale qu’ils ont été écrits sur l’ordre du sacriste Lothaire, pour être offerts au saint L
Dans bien des cas aussi, les livres dont les prélats ou des membres de la communauté font don à l’église, ne sont pas les produits de l’atelier de celle-ci. Nous avons la certitude qu’il en est ainsi, quand les livres qu’ils donnent sont d’un âge antérieur à l’époque où ils les ont offerts. Parmi les livres que les moines de Saint-Oyan ont reçus du prévôt Mannon, dans les dernières années du IXe siècle, figurent des manuscrits du VIIIe ou de la première moitié du IXe 2 ; il est clair que ces livres n’ont pas été écrits au monastère, puisqu’ils sont antérieurs au temps où Mannon y résidait et même à la naissance de celui-ci. Un certain nombre de manuscrits,- ayant appartenu à l’église d’Autun, portent mention du don qu’en a fait l’évêque Gautier 3, qui gouverna cette église de 997 à 1023 ; mais comme leur écriture est celle du IXe ou du Xe siècle, ces livres écrits avant son épiscopat ont certainement été acquis par lui au dehors. Il en est de même des manuscrits du IXe siècle qui furent donnés à son église au Xe siècle, par l’évêque de Laon, Didon 4.
Des signes intrinsèques que fournissent des manuscrits d’une église permettent aussi souvent d’en inférer qu’ils ont été exécutés dans le scriptorium d’une autre. Us sont nécessairement de même nature que ceux qui font reconnaître dans la bibliothèque d’une église les livres qui proviennent de son propre atelier.
L’écriture propre à une école calligraphique suffit à déterminer la provenance originelle d’un manuscrit appartenant à une église où cette écriture n’est pas pratiquée. Il en est ainsi d’un certain nombre de manuscrits exécutés en écriture a b de Corbie, qu’on trouve dans les collections de livres d’églises où il semble bien qu’elle n’ait pas été adoptée 5.
De même, les nombreux livres disséminés dans les collections du temps qui portent la marque de la belle époque de l’école de Tours, n’ont pu être exécutés dans l’atelier de l’église propriétaire. Des églises, même lointaines, ont pu s’inspirer, à la vérité, des œuvres tourangelles et on discerne maintes traces