Cf. plus haut, p
Plus haut, p. 3S2 et 217..
474 APPORT DU DEHORS AUX BI BLIOTH ÈQUEsVfOUVELLES
de ces imitations ; mais une église étrangère à la Touraine n’a jamais atteint à la perfection des beaux modèles et de telles œuvres n’ont figuré dans sa bibliothèque que grâce à un achat ou à un don.
L’origine étrangère de certains manuscrits à peintures possédés par une église peut être aussi souvent déterminée. Les Évangiles qu’Angilbert a donnés à Saint-Riquier et qui subsistent, n’ont pu être exécutés dans ce monastère, puisqu’ils sont l’œuvre de l’école des Évangiles Ada, qui fleurit, semblet-il, dans la région de la Moselle. Parmi les livres de Saint-Martin de Tours, foyer d’une école d’enluminure très réputée, figurent pourtant des produits de l’école franco-saxonne, qui évidemment ne sont pas sortis de l’atelier du monastère 1. Saint-Denis possédait un exemplaire des Évangiles du style de l’école des Évangiles Ada2 et qui ne peut être imputé à l’atelier dionysien.
Des manuscrits d’un établissement portent aussi parfois des marques et notes qui permettent de l’attribuer au scriptorium d’un autre. Le propriétaire primitif peut être reconnu en raison, soit d’un ancien « ex libris », soit d’une dédicace apposée par le scribe, soit de la mention du don fait à cette église, notes qu'on n’a pas toujours pris soin de faire disparaître quand le livre a passé dans la bibliothèque d’une autre église. De même, des livres liturgiques renferment très souvent des caractères propres à l’église à l’usage de laquelle ils ont été exécutés, avant de subir les additions et modifications qui l’adaptent aux besoins d’un autre propriétaire. Dans tous ces cas, les livres conservés, même au cours des IXe, Xe, XIe siècles, dans la bibliothèque d'une église, proviennent d’un autre établissement, où ils ont été exécutés, à moins qu’il ne les ait reçus lui-même d’ailleurs.
Les bibliothèques qui naissent ou se reconstituent aux Xe et XIe siècles ont été nécessairement formées à l’origine par un apport de livres venus du dehors. La collection du monastère deCluny fondé en 910, qui comprend des livres antérieurs à cette date ou exécutés dans les premières années du Xe siècle, les a puisés à d’autres sources que le scriptorium du monastère naissant 3. Les cent volumes apportéspar Odon au monastère de Baume, en 908 ou 909, ont sans doute formé le noyau