LES IRLANDAIS A SAINT-RIQUIER
dont la trace se retrouve aussi à Bobbio h On trouvait aussi à Corbie une collection de canons exécutée par le clerc Arbédoc, sur l’ordre de l’abbé Hoelbucar 1 2 et qui ou bien est d’origine insulaire, ou provient d’un scriptorium de l’Armorique 3. D autres manuscrits de Corbie renferment des marques de provenance irlandaise 4.
Saint-Riquier, à l’embouchure de la Somme, a pu entrer par la même voie en relation avec les Irlandais de Péronne et de Corbie ; le monastère communiquait aussi peut-être directement par les routes maritimes avec le pays des Scots. Le saint fondateur du monastère aurait accueilli lui-même à Centule les deux Irlandais, saint Chaidoc et Fricorus qui sont morts à Saint-Riquier et dont l’abbé Angilbert a composé les épitaphes5. On a conjecturé qu’un manuscrit, renfermant avec les œuvres de Fortunat des textes que les Irlandais établis à Péronne ont introduits dans les bibliothèques du continent, serait venu aussi par l’interm 'diaire de Corbie jusqu’à Saint- Riquier. Ce serait le Fortunat dont les moines de Saint-Riquier du IXe siècle déploraient la perte èt qu’ils cherchaient à récupérer. Il est toutefois plus probable que ce manuscrit, exécuté en écriture corbéienne, n’a jamais cessé d’appartenir à Corbie 6. Quoi qu’il en soit, parmi les livres qu’énumère l’inventaire dressé en 831 à Saint-Riquier figure un Collectariurn Scotaicum 7 .
1. Au texte du ms. de la B. N., lat. 13026 est apparenté un traité de grammaire provenant de Bobbio (B. Nancy, ms. 356). Cf. Collignon, Note sur une grammaire latine du VIIIe siècle , dans la R. de Philologie, VII, 1883, p. 11 et M. Roger, op. cit., p. VIII. On sait que par Wala, qui fut abbé de Bobbio, Corbie a eu des relations avec le monastère fondé par saint Colomban.
2. B. N. lat. 12021 ; cf. Delisle, Cab. des mss, II, 123. Delisle date ce manuscrit du XIe siècle. Montfaucon qui signalait cette vieille collection de canons, la datait du VIIIe ou du début du IXe siècle (B. Bibl., II, 1133).