‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 680 sur 1207 · LIVRES OFFERTS · texte numérisé non relu

LIVRES OFFERTS

nautés d’autres églises L Obtenir d’un établissement bien pourvu copie de manuscrits qu’il possède est l’un des moyens, probablement les plus ordinairement pratiqués, d’enrichir une bibliothèque. Il est rapporté d’un abbé de Mettlach du Xe siècle, qu’il a reconstitué la bibliothèque du monastère soit en achetant des livres, soit en faisant exécuter des copies « ad exemplar » 1 2 ; ou bien ce travail a été fait à Mettlach d’après des exemplaires prêtés, ou bien, et ce fut sans doute le cas le plus fréquent, la transcription a été exécutée dans le scrifitorium de l’église qui possédait ces exemplaires.

Un grand nombre des livres donnés aux églises leur parviennent, sans qu’il soit fait mention de l’origine, du lieu d’exécution du manuscrit, à titre d’offrande pieuse faite au saint patron ou à la communauté de ces églises. Les bienfaiteurs d’un sanctuaire lui donnent des livres, comme ils lui offrent des pièces d’orfèvrerie religieuse ou de riches vêtements liturgiques. Les livres ne sont-ils pas une part du trésor de l’église ?

Les rois sont particulièrement généreux dans l’attribution qu’ils font à des églises de livres magnifiques. On a vu Charlemagne, Louis le Pieux, Charles le Chauve, Lothaire, récompenser les prélats fidèles ou marquer leur piété envers un saint, leur attachement à une communauté, en leur offrant des manuscrits.

Parmi les donateurs de livres, les prélats de l’église contribuaient le plus largement à doter sa bibliothèque. Leidrade, archevêque de Lyon, aux termes d’une note que portent les manuscrits donnés par lui à son église, les a offerts à l’autel de Saint-Étienne ; ses successeurs, Agobard, Amolon et Remi ont fait comme lui. Une quinzaine de manuscrits portent la dédicace qu’en a faite Hincmar à Notre-Dame de Reims, et nous savons qu’il en a donné aussi un bon nombre à Saint- Remi. On conserve aussi deux livres qu’Héribaldus, évêque d’Auxerre a donnés à Saint-Étienne, celui que Rothard, évêque de Cambrai a offert à la pieuse Vierge Marie, ceux qui ont été donnés à l’église de Cologne par les archevêques Gunther, Willibert, Hériman, Everger, Héribert, les six manuscrits dont Didon, évêque de Laon, a fait présent à Notre-Dame. Au Xe siècle, LÉon et Erkanbald, évêques de Strasbourg ont donné un grand nombre de livres à leur église. Riculfe a légué à l’église d’Elne une importante collection 3.

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