Les acquisitions onéreuses
L’église s’est procurée sans doute aussi à ses frais un certain nombre des livres qu’elle possède et qui n’ont pas été exécutés dans son scriptoriwn.
L’acquisition a pu être réalisée d’abord en vertu d’un échange. Mais le cas se produisait sans doute rarement, car nous ne trouvons nulle part mention expresse d’un échange de livres d’une bibliothèque à une autre. Il ne s’en opère sans doute, que dans le cas, assez rare, où chacune des deux possède double exemplaire de l’ouvrage qu’on ne trouve pas dans l’autre. Si toutes deux n’ont qu’un seul exemplaire de l’ouvrage, il peut en être fait prêt mutuel en vue d’une transcription, ou plus simplement une copie sera exécutée dans chaque scriptorium, après quoi les deux ateliers pratiqueront un échange. En fait, les communications si fréquentes de livres d’une église à une autre ne prennent jamais, à notre connaissance, la forme d’un troc.
Le simple prêt d’un ouvrage est pourtant faveur si appréciée, qu’on le reconnaissait quelquefois par le don d’un autre livre. Un Quinte Curce a été donné par un moine de Saint- Germain d’Auxerre au comte Conrad, pour en obtenir le prêt d’un traité de Raban Maur, afin d’en prendre copie 1 2. Entre ce religieux, agissant peut être pour le compte du monastère et ce grand laïque, il y a eu équivalemment échange.
Quelquefois aussi, l’échange est conditionnel. Un abbé
1. Flus loin, B. de Nevers, S. Benoît sur Lobe, Stavelot, Reichenau.