‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 685 sur 1207 · Cf. plus haut, p · texte numérisé non relu

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480 ÉCHANGES, ACHATS DE LIVRES AU IXe SIÈCLE

de Reichenau pour obtenir le prêt de manuscrits en a remis deux autres en gage ; il a été convenu qu’ils resteraient aux mains du préteur si les siens ne lui étaient pas rendus l. A défaut d’une restitution, interviendra en ce cas un échange. Le gage pour un livre emprunté peut être aussi une somme d’argent, auquel cas, si le livre n’est pas rendu, on peut le considérer comme acheté. Nous savons qu’au XIIe siècle, l’abbé Gebhart a reçu trois volumes des « Expositiones » de saint Augustin sur les psaumes, en remettant en gage deux talents 2.

Une part des livres exécutés au dehors pouvait aussi provenir d’achats effectués par l’établissement. Il était certainement fait commerce de livres au début du IXe siècle, puisque Charlemagne ordonnait de vendre ses livres afin d’en distribuer ie prix aux pauvres. Des églises et des monastères ont pu, comme les particuliers laïques ou parleur intermédiaire, se procurer ainsi des livres. Quelques mentions d’achat de livres sont faites au cours du IXe siècle. Réginbert, moine et scribe de Reichenau rapporte qu’il a acheté huit deniers un exemplaire de la Loi des Lombards et de la Passio d’un saint martyr 3. Dans la liste des livres acquis sous l’abbé Erlebald, sont mentionnés un Missel et un Psautier, que le prêtre Kementit a vendus, un autre Psautiervendu par Ericho 4. Quand il est rapporté que l’évêque Wala faisait venir à Auxerre des livres, sitôt qu’il avait connaissance qu’il s'en trouvait en quelque endroit 5, il semble bien qu’il s’agisse d’achats faits par cet évêque pour son compte personnel ou pour celui de son église. Eudes de Glanfeuil raconte qu’il a acheté, au prix d’une forte somme, de vieux cahiers (quaterniunculj) trouvés dans la besace d’un pèlerin 6 7. Un certain nombre de livres ont pu être emportés par les Normands pour en faire argent et être ensuite rachetés. Il subsiste un manuscrit du IXe siècle, renfermant le Commentaire de Chalcidius sur le Timée'; qui, d’après une inscription, a été acheté à un pirate T. C’est peut-être aussi le cas

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