‹ Histoire de la propriété ecclésiastique en France (volume 3)Chapitre 692 sur 1207 · COLLECTIONS CONSERVÉES, COLLECTIONS DISPERSÉES · texte numérisé non relu

COLLECTIONS CONSERVÉES, COLLECTIONS DISPERSÉES

•gion ; il en fut ainsi de la belle bibliothèque de Fleury. Toutes finalement ont souffert de la suppression des établissements religieux en 1791. Us en faut que les fonds en provenant soient parvenus intacts dans les dépôts publics d’aujourd’hui h

Mais ces événements fatals pour les vieilles bibliothèques n ont souvent que précipité et achevé des ruines déjà faites. Des incendies, au cours des âges, ont dévoré complètement un certain nombre de bibliothèques. Ce fut le cas, en particulier, à Saint-Riquier et à Lobbes. Un grand nombre ont souffert tout autant de l’incurie et du peu d’estime faite souvent des vieux livres, à partir du XIIIe siècle, par leurs anciens propriétaires. Le mouvement intellectuel qui s’était abrité exclusivement auprès des cathédrales et des monastères de 1 Ordre de saint Benoît jusqu’au XIIe siècle s’en estalors éloigné ; les livres furent appréciés, lus, copiés ailleurs ; les Universités, collèges, couvents des Ordres nouveaux, puis les humanistes de la Renaissance ont pris dès lors la tête d’un -courant qui se retirait des vieux cloîtres. Les anciens livres claustraux ont souvent passé alors dans des collections nouvelles. Les anciennes ont été laissées à l’abandon par les communautés qui se sont montrées moins soucieuses encore de ces vieux manuscrits, du jour où le livre imprimé dispensait de les consulter ceux qui n’avaient pas souci de remonter aux sources. Souvent, l’établissement propriétaire a vendu ou donné ces manuscrits vétustes, réputés inutiles, à des collectionneurs érudits ou curieux. Les chanoines de Metz offraient leurs anciens livres liturgiques de luxe à Colbert ; ceux de Saint- Martial en faisaient trafic. La Congrégation Bénédictine réformée de Saint-Maur a pu grossir un certain nombre de collections monastiques, notamment celle de Saint-Germain des Prés, aux dépens de beaucoup d’autres restées en des mains incapables d’en tirer profit.

Dans l’état de dispersion où se trouvent présentement les anciens manuscrits ayant appartenu aux églises, il est possible pourtant de les restituer, pour la plupart, à leur ancien fonds. Leur provenance est très souvent connue. Beaucoup ont gardé les côtes modernes des bibliothèques ecclésiastiques ou monastiques auxquelles ils appartenaient avant la Révolution. Un bon nombre conservent un « ex libris », apposé antérieurement au XIIe siècle et de ceux-là nous sommes sûrs qu’ils

i. Sur le pillage, la destruction et l’éparpillement des livres des B. ecclésiastiques •et monastiques, depuis le XVIe siècle jusqu’à nos jours, voir Traube, Zm Palaeogr., 'Vorles., I, 124 et suiv.

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