LIVRES A RESTITUER AUX ANCIENNES COLLECTIONS
appartenaient déjà à la bibliothèque de l’église dont ils portent l’estampille aux IXe, Xe ou XIe siècles. Beaucoup, notamment les livres liturgiques sont identifiés grâce à leur contenu. Les dédicaces, les souscriptions, la mention faite des donateurs permettent de déterminer la provenance de maints autres et souvent établissent que ces livres figuraient dans telle bibliothèque à telle époque.
D’un très grand nombre d’anciens manuscrits, nous pouvons ainsi déterminer à quelle église ils appartenaient avant le XIIe siècle. Un examen plus minutieux de manuscrits dont la plus ancienne provenance n’est pas connue, permettra par la suite d’en accroître encore le nombre. Si le dépouillement des dépôts qui conservent de vieux manuscrits n’est pas encore à cet égard achevé, il est du moins fort avancé et on peut dresser le bilan provisoire des manuscrits qui subsistent en provenance des bibliothèques, telles qu’elles étaient constituées du VIIIe au XIIe siècle.
On ne saurait toutefois tenir pour certain que tous les manuscrits antérieurs au XIIe siècle qui appartiennent encore ou qu’on sait avoir appartenu aux anciens fonds des établissements ecclésiastiques et monastiques, étaient déjà avant l’an 1200 propriété de ces églises. Us ont pu être acquis par elles plus tard et parfois on sait d’une manière positive que tel manuscrit très ancien a passé par don ou achat, aux XIIe XIIIe, XIVe siècle ou même plus tard, dans la bibliothèque d’une église. De plusieurs de ces anciens livres, nous savons qu’ils ont appartenu successivement à plusieurs églises et il n’est pas toujours possible de déterminer sûrement quels en ont été les plus anciens. propriétaires.
A la vérité, le doute n’existe guère qu’en ce qui concerne les bibliothèques des anciens monastères où une réforme moderne a rétabli le goût de l’étude et fait apprécier la valeur des anciens manuscrits. Les Bénédictins érudits des Congrégations de Saint-Maur et de Saint-Vanne ont fait sans doute entrer aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les collections de leurs monastères de très vieux manuscrits qu’ils ne possédaient pas avant l’an 1200. Au contraire, la plupart des collections formées près des églises cathédrales, les bibliothèques des chapitres, celles des anciens monastères que n’a pas touchés la réforme, n’ont plus acquis de livres anciens à partir du XIIIe siècle ; elles en ont perdu dans tous les cas beaucoup plus qu’elles n’en ont gagnés.
Aussi, quand le fonds d’un établissement religieux, dont la décadence intellectuelle est notoire, dès la fin ou le milieu