DE RENSEIGNEMENTS SUR LES BIBLIOTHÈQUES
Des renseignements sont aussi fournis par les sources narratives ou diplomatiques. Mais quand ces documents sont précis, ils ne se distinguent guère des Catalogues de livres et ils en dérivent presque toujours. Les historiographes n’ont fait souvent qu’insérer dans leur composition des listes qu’ils avaient sans doute trouvées établies déjà ; tel l’historien des abbés de Saint-Wandrille qui a conservé la liste des livres comme des pièces du trésor donnés au monastère par Ansègise et quelques-uns de ses prédécesseurs du VIIIe siècle. Ratpert à Saint-Gall a inséré semblablement des catalogues de livres que des manuscrits nous ont conservés par ailleurs, manuscrits que lui-même a sans doute utilisés. Hariulf a reproduit des listes empruntées à l’inventaire de 831, ainsi qu’une liste d’ouvrages donnés par un abbé du XIe siècle. A Saint-Bertin, Simon a gardé aussi une liste des livres que l’abbé Jean a fait écrire 1 2. De même, des actes testamentaires énumèrent des legs faits en livres, dont la nomenclature relève évidemment de brefs déjà dressés : tels le testament du comte Everard au IXe siècle, celui de Riculfe, évêque d’Elne au Xe 2.
En dehors de ces données qui dérivent, semble-t-il, de Catalogues préexistant, les chroniques et documents diplomatiques antérieurs au XIIe siècle nous apprennent peu de chose des librairies ecclésiastiques et monastiques. Les renseignements qu’ils fournissent sont de nature très générale, ou ne portent que sur des détails d’un fort modeste intérêt.
Le dépouillement des sources où ont puisé les auteurs d’ouvrages composés du IXe au XIIe siècle auprès d’une église, peut renseigner indirectement sur le contenu de la bibliothèque de celle-ci à la même époque. Les citations des Pères, si abondantes dans les traités et commentaires du temps sont vraisemblablement tirées des livres que mettait à la disposition de l’écrivain la bibliothèque de son église ou sa collection personnelle de livres, destinée à rejoindre la première. Les compositions historiques d’un Flodoard, d’un Richer, d’un Hariulf, d’un Folcuin laissent facilement reconnaître les ouvrages comme les documents qu’ils ont
1. Voir l’étude des scriptoria et bibliothèques de ces divers établissements.